Du 11 au 13 juin 2026, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, a effectué une tournée dans le département des Collines et au nord du pays pour échanger avec des acteurs des filières agricoles et visiter des usines de transformation locale des produits agricoles.Cette mission a permis de faire le point sur plusieurs projets en cours, notamment dans les secteurs du manioc, du riz, de l’anacarde et du coton.
Le gouvernement vise l’augmentation de la production agricole et sa transformation locale, afin de garantir la dignité et des revenus valorisants aux acteurs de l’agriculture béninoise. Le ministre a indiqué qu’au-delà du volet économique, l’agriculture est cruciale pour la sécurité sociale et pour la sécurité nationale. Il estime que ceux qui font vivre ce secteur méritent d’en tirer dignité et revenus. Les dirigeants béninois visent la souveraineté agricole et la sécurité alimentaire.
Le ministre a échangé avec la Fédération nationale des producteurs d’anacarde sur les leviers de la production et de la productivité. Puis avec la Fédération des collecteurs et transporteurs de la noix de cajou, sur l’acheminement de la matière première vers les usines.
Dans la filière riz, le groupe Premium, déjà présent à Malanville et à Glazoué avec une capacité annuelle de transformation de 300 000 tonnes de paddy, annonce la construction d’une troisième usine à Dangbo, qui portera ce volume à 500 000 tonnes.
À Paouignan, l’unité de transformation du manioc, en cours d’achèvement, produira de la farine panifiable, du tapioca et du gari. Sa singularité réside dans son modèle de gouvernance : une cogestion public-privé-filière, conçue pour être expérimentée puis répliquée à l’échelle nationale. Sa vertu première, aux yeux du gouvernement, est sa capacité à créer de l’emploi local et à sortir les producteurs de l’extrême pauvreté.
La filière cajou illustre la contradiction que le gouvernement entend résoudre. Le Bénin a investi dans des unités de transformation locales, mais une partie significative des récoltes continue de partir frauduleusement vers les pays voisins, privant les usines béninoises de matière première. Le ministre a échangé avec la Fédération nationale des producteurs d’anacarde et avec la Fédération des collecteurs et transporteurs pour mettre en place des mécanismes d’approvisionnement sécurisé.
La filière coton traverse une zone de turbulences : la production recule depuis trois saisons. Devant les acteurs, le ministre a prévenu que cette tendance ne pouvait se prolonger. Pour la campagne 2026-2027 qui s’ouvre, l’objectif est fixé à 700 000 tonnes de coton graine au minimum. Producteurs et autorités disent partager la même ambition.
Un argument financier vient appuyer la mobilisation. Le chef de l’État s’est engagé à reverser 10 francs Cfa aux producteurs sur chaque kilogramme de coton produit, sur le surplus, lorsque ce seuil est atteint.