Le gouvernement du Burkina Faso a convoqué, le 22 juin à Ouagadougou, le chef de la délégation de l’Union européenne, monsieur Philippe Bronchain, après des propos jugés « mensongers » attribués au député français Christophe Gomart et l’adoption d’une résolution du Parlement européen concernant la situation sécuritaire du Burkina. Cette démarche a été annoncée par le ministère burkinabè des Affaires étrangères, qui a fait état d’une réaction officielle des autorités face à ce qu’elles qualifient d’accusations infondées.
La rencontre diplomatique intervient dans un climat de relations déjà marquées par des divergences entre Ouagadougou et Bruxelles, notamment sur la gestion de la crise sécuritaire au Sahel et les appréciations portées par certaines institutions européennes sur la situation interne du Burkina Faso.
Convocation de la délégation européenne à Ouagadougou
Au cours de l’entretien, le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a exprimé la désapprobation des autorités burkinabè à l’égard de la résolution adoptée par le Parlement européen et des interventions de l’eurodéputé Christophe Gomart. Selon les propos rapportés par le ministère, le responsable burkinabè estime que certaines déclarations devant les institutions européennes reposeraient sur des éléments jugés inexacts.
Le ministre a également critiqué la manière dont la situation sécuritaire du pays est présentée à l’extérieur, affirmant que ces analyses ne tiendraient pas compte des efforts menés par les forces burkinabè dans la lutte contre les groupes armés. Il a par ailleurs évoqué la responsabilité de la déstabilisation de la Libye en 2011, qu’il associe aux conséquences sécuritaires observées dans la région sahélienne.
Dans les échanges avec le diplomate européen, les autorités burkinabè ont insisté sur le principe de souveraineté nationale dans la conduite des politiques internes, notamment en matière de sécurité et de gouvernance.
Critiques ouvertes contre le député français Christophe Gomart
Les propos visant Christophe Gomart portent principalement sur ses déclarations devant les députés européens, jugées par Ouagadougou comme déconnectées de la réalité du terrain. Le ministre Karamoko Jean Marie Traoré estime que certaines interventions seraient basées sur des données erronées concernant la situation sécuritaire du pays.
Dans sa réaction, le chef de la diplomatie burkinabè a estimé que ces prises de position traduiraient une méconnaissance du contexte local. Il a également dénoncé ce qu’il considère comme une lecture extérieure de la crise sécuritaire, estimant qu’elle ne prendrait pas en compte les efforts des pays du Sahel engagés dans la lutte contre les groupes armés. Selon le ministère des Affaires étrangères, ces déclarations ont été perçues comme un manque de considération pour les autorités burkinabè et pour les opérations en cours sur le terrain.
Des relations marquées par des divergences politiques
Les échanges entre le Burkina Faso et l’Union européenne s’inscrivent depuis plusieurs mois dans un contexte de tensions diplomatiques récurrentes. Les autorités burkinabè ont à plusieurs reprises dénoncé certaines prises de position européennes sur la situation sécuritaire et politique du pays, qu’elles estiment critiques à l’égard de leurs choix souverains.
De son côté, l’Union européenne maintient des programmes d’appui au développement et à l’aide humanitaire au Burkina Faso, tout en exprimant régulièrement des préoccupations liées à la sécurité et à la gouvernance dans la région du Sahel. Ces divergences se traduisent par des échanges diplomatiques plus fréquents autour de questions de principe.
Le Burkina Faso, aux côtés du Mali et du Niger, a renforcé ces dernières années sa coopération au sein de l’Alliance des États du Sahel, une orientation régionale qui modifie progressivement ses relations avec plusieurs partenaires occidentaux, dont l’Union européenne.
La délégation de l’Union européenne a indiqué avoir pris note du message transmis par les autorités burkinabè et a confirmé qu’il serait relayé aux instances compétentes à Bruxelles. Aucune réaction officielle du Parlement européen sur cette convocation n’a été annoncée à ce stade.



