Après le Togo et le Congo, le Tchad rejoint la liste des pays supprimant les visas pour les Africains

Le Tchad n’exigera plus de visa d’entrée pour les ressortissants africains à partir du 1er janvier 2027. Le président Mahamat Idriss Déby Itno en a fait l’annonce ce mercredi 15 juillet, à l’ouverture du premier Forum africain de l’eau, organisé à N’Djamena en partenariat avec la Banque mondiale.

Une annonce faite en marge d’un sommet sur l’eau

« Le Tchad, pays de Toumaï, berceau de l’humanité, ouvre ses frontières et supprime les visas d’entrée pour tous les Africains », a déclaré le chef de l’État tchadien devant les délégations réunies pour ce forum consacré à la crise hydrique du continent, selon des propos rapportés par l’agence AIB. La mesure concerne l’ensemble des 54 autres nationalités africaines. Le dirigeant a profité de son discours pour évoquer un autre chantier : un pacte national pour l’eau doté de 3,8 milliards de dollars sur cinq ans, destiné à financer les infrastructures hydrauliques du pays.

Le calendrier retenu — le 1er janvier 2027 — est identique à celui choisi par le Congo-Brazzaville quelques semaines plus tôt. Le président congolais Denis Sassou Nguesso avait pris un engagement similaire le 25 mai, lors des assemblées annuelles de la Banque africaine de développement à Brazzaville. Les deux chefs d’État siégeaient d’ailleurs côte à côte ce jour-là, aux côtés du président de transition gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema.

Le Rwanda et le Bénin, précurseurs de la mesure

Le Rwanda a ouvert la voie dès 2013 en supprimant le visa d’entrée pour tous les ressortissants africains, devenant l’un des tout premiers pays du continent à adopter cette politique. Le Bénin a suivi en 2020 : depuis cette date, les ressortissants des 53 autres pays africains peuvent y séjourner librement pendant 90 jours sans formalité de visa. La Gambie et les Seychelles appliquent également une politique d’ouverture totale, cette dernière délivrant une autorisation d’entrée directement à l’arrivée, sans exigence de visa préalable.

D’autres pays ont depuis rejoint ce mouvement selon des modalités variées. Le Kenya a franchi un cap similaire en 2025, supprimant l’exigence de visa pour la quasi-totalité des nationalités africaines, à l’exception de la Libye et de la Somalie pour des raisons de sécurité. L’Angola avait pour sa part annoncé dès 2023 la suppression des visas pour les voyageurs de 98 pays, dont plusieurs États africains. Le Togo a instauré en mai 2026 une exemption de 30 jours pour tous les citoyens africains, tandis que le Burkina Faso a supprimé, depuis septembre 2025, les frais de visa sans lever l’obligation de la démarche elle-même. Le Ghana, lui, a choisi de rendre gratuit son e-visa plutôt que de le supprimer — la demande en ligne et le contrôle de sécurité restant obligatoires.

Une dynamique portée par la Zlecaf

Ces annonces successives s’appuient sur les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine, entrée en vigueur en 2021, et sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui vise à terme la mise en place d’un passeport africain unique. Ces textes n’ont toutefois pas de portée contraignante sur les politiques migratoires nationales, chaque État restant libre d’adopter ou non ces exemptions.

Selon l’agence AIB, la majorité des pays africains continuent malgré tout d’imposer des visas à leurs voisins du continent, ou limitent les exemptions aux seuls ressortissants de leur communauté économique régionale. Aucun détail n’a pour l’heure été communiqué par N’Djamena sur les modalités pratiques de la mesure tchadienne, ni sur une éventuelle limitation de durée de séjour.

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