Bénin : à la CRIET, un tiktokeur demande la clémence pour retrouver ses enfants

Une nouvelle affaire impliquant un créateur de contenus s’est invitée devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Jeudi 9 juillet 2026, un jeune tiktokeur poursuivi pour plusieurs infractions liées à ses publications sur les réseaux sociaux a reconnu les faits qui lui sont reprochés et a sollicité la clémence de la juridiction afin de pouvoir retourner auprès de ses enfants.

Le prévenu est poursuivi devant la CRIET pour apologie du crime contre la sûreté de l’État, harcèlement via internet et incitation à la rébellion. Lors de l’ouverture de son procès, il a admis être l’auteur des publications à l’origine des poursuites.

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Les publications au centre des poursuites

Au cours de l’audience, les magistrats ont examiné plusieurs messages publiés sur TikTok, dans lesquels le prévenu s’en prenait notamment aux autorités béninoises et aux institutions de l’État. Parmi les publications évoquées figurent des affirmations selon lesquelles le Bénin rejoindrait prochainement l’Alliance des États du Sahel (AES), des accusations visant les institutions nationales entre autres.

Interrogé par la Cour, le jeune homme a plaidé coupable. Il a expliqué que ses messages étaient motivés par une volonté de nuire à l’ancien président au moment où ils avaient été diffusés, révèle Banouto. Le président de la formation de jugement lui a rappelé les conséquences que peuvent entraîner de tels contenus diffusés sur les réseaux sociaux, estimant que le temps consacré à ces publications aurait pu être utilisé à d’autres fins.

Des excuses et une demande de clémence

Alors que les différents éléments du dossier étaient examinés à l’audience, le prévenu a présenté des excuses à la juridiction. En larmes, il a demandé aux juges de faire preuve de clémence afin de lui permettre de retrouver ses enfants.

« Vous qui criez sur la toile là, c’est vous qui pleurez facilement comme ça », lui a lancé le président de céans, étonné de voir le prévenu solliciter la compassion de la Cour après avoir diffusé des messages jugés injurieux.

À l’issue de cette première audience, la juridiction n’a pas statué sur le fond. Le dossier a été renvoyé au 20 août 2026, date à laquelle les réquisitions du ministère public sont attendues.

Les dossiers impliquant des tiktokeurs se multiplient

Cette nouvelle procédure intervient alors que plusieurs créateurs de contenus béninois ont récemment comparu devant la CRIET pour des affaires liées à des publications en ligne. Ces derniers mois, la juridiction spécialisée a examiné plusieurs dossiers portant sur des infractions commises au moyen des technologies numériques, notamment des faits de harcèlement en ligne, de cybercriminalité ou d’infractions réalisées à travers des systèmes informatiques.

Créée par la loi de 2018, la CRIET est compétente pour connaître, entre autres, des infractions économiques, du terrorisme ainsi que de plusieurs délits commis à l’aide des technologies de l’information et de la communication. La prochaine étape de cette affaire est désormais fixée au 20 août 2026, date retenue par la Cour pour entendre les réquisitions du ministère public avant la poursuite de la procédure.

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