Un quai de 400 mètres a été livré au Port autonome de Cotonou (PAC), selon une mise au point faite le 3 août 2026 par Jean-Baptiste Roudil, chef du département des infrastructures portuaires. D’une profondeur de 16 mètres, l’ouvrage permet d’accueillir des navires porte-conteneurs post-Panamax longs de 353 mètres, ainsi que des vraquiers de 240 mètres.
115 milliards FCFA pour renforcer les capacités du Port de Cotonou
Cette livraison clôt la première phase d’un chantier évalué à plus de 115 milliards de francs CFA, a indiqué Jean-Baptiste Roudil, chef du département des infrastructures portuaires du PAC. Le projet porte sur l’extension du bassin portuaire vers l’ouest, sur environ 5 hectares, et sur le renouvellement des quais nord construits dans les années 1980.
Le PAC demeure le principal point de passage du commerce extérieur du Bénin et un corridor logistique pour plusieurs pays de la sous-région. Inauguré en 1965, l’ouvrage a longtemps fonctionné avec des quais limités à 11 mètres de profondeur ; sa capacité d’accueil s’est vue relancée depuis 2024 par la mise en service de la zone industrielle de Glo-Djigbé, qui a fait grimper les volumes de produits transformés exportés. C’est dans ce cadre qu’intervient la modernisation en cours des infrastructures portuaires.
Des techniques de construction adaptées au milieu maritime
Sur 214 mètres, les équipes ont utilisé la technologie de la paroi moulée, un forage de murs en béton armé dans le terre-plein existant. Sur les 180 mètres restants, la technique du combi wall a été retenue : des pieux métalliques battus dans le bassin, reliés par un rideau de palplanches et maintenus par des tirants en acier.
Le dragage a porté la profondeur du bassin à 16 mètres par rapport au zéro hydrographique. « Ce qui permet d’accueillir des bateaux plus profonds que l’ancien quai », a précisé Roudil, l’ancien ouvrage ne dépassant pas 11 mètres.
Des travaux menés sans interrompre l’activité portuaire
Le chantier a nécessité l’importation d’un ciment spécifique, dit « Prise Mer », non disponible localement, ainsi que du matériel maritime spécialisé, notamment une pelle à bras montée sur ponton. Les équipes ont dû composer avec la présence continue de navires commerciaux, de tourisme, de conteneurs et de vrac dans le bassin. « La difficulté, c’est de réaliser des travaux sans arrêter les opérations », a expliqué le responsable des infrastructures, afin de préserver les recettes portuaires pendant le chantier.
L’extension du quai de Bénin Terminal, au sud, sur 154 mètres, est presque achevée. Le renouvellement des quais nord, sur environ 1 400 mètres, a démarré en février et porte actuellement sur un tronçon de 500 mètres. Les travaux restants comprennent la pose de rideaux combi wall, la construction de poutres en béton armé destinées aux portiques à conteneurs, ainsi que le raccordement des réseaux incendie, eau potable et électricité, et l’aménagement d’une chaussée capable de supporter camions et grues mobiles portuaires. L’ensemble du chantier doit s’achever fin 2026.



