Christian Lambert est mort : retour sur sa carrière et la prise d'otages de Neuilly

Une carrière de plus de quarante ans dans la sécurité, de la traque d’Yvan Colonna à la direction de la sûreté de la SNCF, s’achève avec la mort de Christian Lambert, survenue le 2 juillet 2026 à l’âge de 80 ans. Né le 5 juin 1946 à Corbeil-Essonnes, cet ancien commissaire devenu préfet avait dirigé le RAID entre 2002 et 2004. Laurent Nuñez a salué sur X « un grand flic, un grand préfet et un ami ».

Sa carrière débute comme pompier avant qu’il ne devienne gardien de la paix, puis commissaire par voie de concours. Il fait partie des fondateurs du RAID en 1985, unité créée en pleine vague d’attentats terroristes. Sa première apparition médiatique majeure remonte à 1993 : lors de la prise d’otages de la maternelle de Neuilly-sur-Seine, orchestrée par un homme surnommé « Human Bomb », il est chargé d’apporter la rançon négociée par Nicolas Sarkozy, alors maire de la ville.

Nommé à la tête du RAID en 2002, il reçoit une mission prioritaire du nouveau ministre de l’Intérieur : retrouver Yvan Colonna, en fuite depuis l’assassinat du préfet Érignac. L’arrestation intervient en 2003 en Corse, au terme d’une traque construite sur des mois de filatures et d’écoutes. Colonna sera par la suite condamné pour ce meurtre.

Un préfet maintenu en poste par une loi spécifique

Nommé préfet de Seine-Saint-Denis en 2010, Christian Lambert suscite d’abord la méfiance d’élus de gauche inquiets de voir un ancien chef du RAID prendre la préfecture. L’ancien président du conseil général du département, Claude Bartolone, dira plus tard de lui : « Il est tombé amoureux de la Seine-Saint-Denis ».

En 2011, un texte de loi est adopté pour permettre son maintien en poste au-delà de l’âge légal de départ. Cette dérogation, rare pour un poste préfectoral nommément visé, intervient alors que Christian Lambert est présenté comme une figure de la stratégie sécuritaire du gouvernement à l’approche de la présidentielle de 2012. Il quitte ses fonctions en Seine-Saint-Denis par décret du 2 mai 2013, avec effet au 6 juin suivant.

Du ministère de l’Intérieur à la SNCF

Après son départ de Seine-Saint-Denis, il devient chargé de mission auprès du ministre de l’Intérieur Manuel Valls sur les zones de sécurité prioritaires. Entre 2005 et 2013, il avait par ailleurs dirigé les compagnies républicaines de sécurité.

En novembre 2015, Christian Lambert prend la direction de la sûreté de la SNCF, poste qu’il occupe jusqu’en mai 2017, date à laquelle Céline Sibert lui succède. Les circonstances précises de son décès n’ont pas été précisées à ce stade.

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