Des étrangers jugés responsables de cybercrimes ne pourront plus obtenir de visa américain. Marco Rubio l’a annoncé jeudi, précisant que les proches des personnes visées pourraient eux aussi être concernés par ces restrictions, selon un communiqué du State Department.
Une mesure fondée sur un pouvoir discrétionnaire déjà utilisé
Cette nouvelle politique s’appuie sur la Section 212(a)(3)(C) de l’Immigration and Nationality Act, un texte qui autorise le secrétaire d’État à refuser l’entrée sur le territoire à tout étranger dont l’admission entraînerait, selon son appréciation, des conséquences jugées graves pour la politique étrangère américaine. Ce même fondement juridique a servi de base à plusieurs annonces récentes de Rubio, notamment le 16 juillet, lorsqu’il avait dévoilé des restrictions visant des personnes liées à des groupes qualifiés de « terroristes d’extrême gauche ». Le secrétaire d’État avait alors écrit sur X que « ceux qui financent, incitent ou aident ces réseaux sont des ennemis de notre civilisation ».
Selon le communiqué relayé par plusieurs médias, la nouvelle mesure cible les individus « responsables ou complices » de cybercrimes et de crimes facilités par le numérique. Le texte ne détaille pas, pour l’instant, de liste nominative de personnes ou d’organisations visées.
Une administration engagée sur plusieurs fronts migratoires
Cette annonce s’ajoute à une série de politiques de restriction de visas prises depuis le début de l’année par le département d’État. En mars 2025 déjà, une mesure similaire avait visé les fonctionnaires étrangers accusés de faciliter l’immigration illégale vers les États-Unis. En mai de la même année, une autre politique s’était attaquée aux officiels étrangers jugés complices de « censure » envers des plateformes américaines.
Le choix de recourir systématiquement à ce mécanisme législatif, plutôt qu’à des sanctions pénales classiques, permet à l’administration d’agir rapidement et sans procédure judiciaire préalable. Un ancien responsable du département d’État, cité anonymement par la presse américaine, avait souligné à propos d’une mesure comparable que la formulation large de cette disposition légale « passe probablement le cap juridique », tout en s’interrogeant sur la définition retenue des « conséquences adverses ».
Un instrument diplomatique désormais récurrent
Les cybercrimes visés par cette politique recouvrent un champ large : fraude en ligne, escroqueries financières et exploitation numérique de citoyens américains. Le communiqué insiste sur l’impact de ces pratiques sur les familles et les enfants aux États-Unis, sans toutefois préciser de seuils ou de critères d’application chiffrés.
Depuis la création du dispositif légal invoqué, dans les années 1990, son usage était resté marginal jusqu’à son intensification récente sous plusieurs administrations successives, dans un contexte de durcissement plus général des politiques migratoires américaines. Aucune date d’entrée en vigueur précise ni liste de pays concernés n’a pour l’instant été communiquée par le département d’État.
