Élection 2020 : Kamala Harris dément la thèse d'une fraude, avant l'allocution de Trump

Kamala Harris a publié un message sur X quelques heures avant l’allocution télévisée de Donald Trump, jeudi 16 juillet. « L’élection de 2020 n’a pas été volée. Nous avons gagné, il a perdu », a écrit l’ancienne vice-présidente, cumulant rapidement des milliers de partages.

Un message publié avant le discours présidentiel

Le post intervient dans les heures précédant l’allocution de Trump, prévue à 21 heures depuis la Maison-Blanche. Harris y prévient ses abonnés que le président s’apprête, selon ses mots, à « colporter des mensonges et des théories du complot ». Les chefs de la CIA, du FBI, ainsi que les responsables du Renseignement et de la Sécurité intérieure étaient présents aux côtés du président lors de son intervention.

Ce que les enquêtes ont établi sur le scrutin de 2020

Le rappel de Harris s’ancre dans un dossier déjà largement documenté. Joe Biden avait remporté 306 grands électeurs contre 232 pour Trump, une avance jugée nette par l’ensemble des institutions compétentes. L’agence fédérale de cybersécurité, la CISA, avait qualifié ce scrutin de plus sécurisé de l’histoire américaine. Des dizaines de recours déposés par l’équipe de Trump avaient été rejetés par des juges à travers le pays, y compris des magistrats qu’il avait lui-même nommés. Son propre ministre de la Justice, William Barr, avait déclaré ne pas avoir constaté de fraude susceptible d’inverser le résultat, avant de démissionner. Ces conclusions n’avaient pas empêché des partisans de Trump d’envahir le Capitole le 6 janvier 2021, pour tenter de bloquer la certification de la victoire de Biden.

Le contenu de l’allocution présidentielle

Lors de son discours, Trump a accusé la Chine du plus important piratage de données électorales de l’histoire américaine et a annoncé la déclassification de documents censés révéler des failles dans le système de vote. Il a également repris ses accusations récurrentes visant le scrutin de 2020, le qualifiant pire que dans n’importe quel pays en développement. Un ancien élu républicain de Floride, Juan-Carlos Planas, estime que cette allocution viserait moins à rouvrir le dossier de 2020 qu’à fragiliser la légitimité des élections de mi-mandat prévues en novembre. Selon lui, ces accusations serviraient à justifier le SAVE America Act, un texte qui restreindrait les types de pièces d’identité acceptées pour voter.

Une opposition démocrate mobilisée

Le sénateur Mark Warner a dénoncé sur les réseaux sociaux une tentative d’ingérence dans les élections de mi-mandat, appelant les électeurs à vérifier les faits avant de croire les déclarations présidentielles. Cette séquence marque un nouvel épisode dans une confrontation qui remonte à la défaite de Harris face à Trump en novembre 2024, où l’écart s’était joué sur 233 grands électeurs obtenus contre les 270 nécessaires pour l’emporter. Depuis, l’ancienne candidate démocrate a multiplié les critiques publiques contre l’administration républicaine, notamment lors du discours sur l’état de l’Union en février dernier, qu’elle avait qualifié de creux et mensonger.

L’allocution de jeudi intervient alors que l’administration Trump fait face à une pression économique croissante liée au conflit avec l’Iran, le blocus du détroit d’Ormuz pesant lourdement sur les marchés mondiaux depuis plusieurs semaines. Les midterms de novembre s’annoncent difficiles pour le camp républicain, sur fond de mécontentement lié à l’inflation et à l’immigration.

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