Face à Trump, Lula sort un chiffre qui contredit toute la stratégie tarifaire américaine

Les exportations brésiliennes vers les États-Unis sont tombées à leur niveau le plus bas depuis 1997. Luiz Inacio Lula da Silva l’a affirmé dimanche dans une tribune publiée par le Washington Post, en pleine escalade commerciale avec Washington.

Le président brésilien qualifie les nouvelles surtaxes américaines d' »injustes » et d' »erreur stratégique« , avertissant qu’elles finiraient par nuire à l’économie américaine elle-même. Le texte intervient un jour après que le Brésil a refusé l’entrée sur son territoire à deux hauts fonctionnaires du Département d’État américain, dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre les deux capitales.

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Une taxation en deux temps

Le 22 juillet, une surtaxe de 25 % sur les importations brésiliennes est entrée en vigueur. Le lendemain, une taxe additionnelle de 12,5 % s’y est ajoutée, portant le taux cumulé à 37,5 % sur une partie des produits concernés. Selon Lula, cette décision a été prise en ignorant « des dizaines de réunions » entre équipes techniques et des documents remis en main propre à Donald Trump. Il cite l’organisation suisse Global Trade Alert, qui classe désormais le Brésil et la Turquie au deuxième rang des pays les plus taxés par les États-Unis, juste derrière la Chine.

Le président brésilien rappelle que cette offensive tarifaire survient malgré un excédent commercial américain vis-à-vis du Brésil s’élevant à 428 milliards de dollars sur quinze années consécutives. Un an plus tôt déjà, Trump avait justifié une première salve de tarifs de 50 % en évoquant la situation judiciaire de l’ancien président Jair Bolsonaro, condamné par la Cour suprême brésilienne pour tentative de coup d’État.

Un basculement commercial déjà engagé

Les chiffres officiels confirment la tendance décrite par Lula : la part des États-Unis dans les exportations brésiliennes est passée de 12 % à un peu plus de 9 % en un an, un plancher inédit depuis le début de la série statistique en 1997. Dans le même temps, les ventes vers la Chine ont bondi de 38,7 % sur le seul mois de février, tandis que les importations européennes en provenance du Brésil progressaient de 34,7 %. Le café vert illustre ce report, ses exportations vers les États-Unis ayant chuté de plus d’un tiers en six mois.

Ce cadre de sanctions commerciales n’a pas empêché le Brésil d’enregistrer des exportations totales record en 2025, à 348,7 milliards de dollars, portées par l’essor des débouchés chinois et européens. Dans sa tribune, Lula affirme que Brasilia reste ouvert à « un dialogue ouvert et constructif » avec Washington, tout en revendiquant la pleine souveraineté du pays sur ses choix politiques et économiques, sans ingérence extérieure.

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