Russie : Poutine appelle à traiter les Occidentaux qui saisissent des pétroliers comme des pirates

Une consigne militaire ferme a été transmise par Vladimir Poutine aux chefs de sa marine. Devant les commandants de la flotte du Nord et de la flotte du Pacifique, le président russe a réclamé une riposte déterminée face à toute saisie de navire russe, selon des propos rapportés par Nezavissimaïa Gazeta.

Une riposte comparée à la lutte antipiraterie

Les deux officiers avaient signalé des pressions exercées par des puissances hostiles sur la marine russe, y compris sur les navires commerciaux. En réponse, Poutine a tranché : toute action doit rester « dans le cadre du droit maritime international », tout en étant menée « comme il faut lutter contre la piraterie ». Aucun pays n’a été cité nommément dans cette prise de parole, mais la référence aux arraisonnements de tankers du « shadow fleet » russe ne fait guère de doute.

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Des saisies multipliées depuis un an

L’Union européenne recense désormais près de 600 bâtiments soupçonnés d’appartenir à cette flotte parallèle, utilisée par Moscou pour écouler son pétrole malgré le plafonnement des prix imposé par le G7 fin 2022. Plusieurs capitales occidentales ont durci leurs contrôles en conséquence. Washington a intercepté en janvier un pétrolier russe rebaptisé Marinera dans l’Atlantique Nord, dans le cadre de son embargo contre les exportations liées au Venezuela. Londres a saisi à son tour le tanker Smyrtos dans la Manche en juin, tandis qu’un autre navire, le Deliver, a été intercepté le même mois.

Paris avait ouvert la série en octobre 2025 en arraisonnant le pétrolier Boracay au large de Saint-Nazaire. Emmanuel Macron avait alors évalué à 40 % la part de l’effort de guerre russe financée par cette flotte fantôme. Poutine avait aussitôt dénoncé une « piraterie », accusant Paris de chercher à détourner l’attention de ses difficultés intérieures.

Un cadre juridique contesté

Les autorités occidentales justifient ces interventions par l’article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, qui autorise l’arraisonnement d’un navire apatride ou soupçonné de naviguer sous faux pavillon. Cette base légale, entrée en vigueur en 1994, avait initialement été conçue pour lutter contre la piraterie somalienne et le trafic d’esclaves, avant d’être invoquée aujourd’hui contre les contournements de sanctions pétrolières.

Le ministère russe des Affaires étrangères avait dénoncé, après la saisie du tanker américain en janvier, un abaissement du « seuil de recours à la force » contre le trafic maritime civil. L’ancien chef du FSB Nikolaï Patrouchev avait de son côté réclamé dès février un renforcement du déploiement naval russe, menaçant de représailles contre des navires commerciaux occidentaux si les saisies se poursuivaient.

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