OTAN : pourquoi une stagiaire canadienne d'origine chinoise a été arrêtée en Belgique

Une stagiaire du quartier général de l’OTAN a été placée sous mandat d’arrêt vendredi 24 juillet en Belgique, soupçonnée d’espionnage au profit d’un pays tiers. La suspecte, de nationalité canadienne et d’origine chinoise, travaillait au SHAPE, le commandement stratégique des forces alliées en Europe, situé à Mons.

Une enquête menée depuis plusieurs jours

Selon le parquet fédéral belge, la jeune femme a d’abord attiré l’attention des services de sécurité du site avant d’être signalée au Service général du renseignement et de sécurité. C’est sur cette base que la police judiciaire fédérale de Charleroi a pris le relais de l’enquête. Des perquisitions ont eu lieu jeudi 23 juillet, à la fois à son domicile et sur son lieu de travail, avant son interpellation le lendemain par une juge d’instruction de la division de Mons.

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Le parquet fédéral l’accuse de faits d’espionnage au profit d’un pays tiers ainsi que de participation à une organisation criminelle. Aucune précision n’a toutefois été communiquée sur l’identité de ce pays tiers, ni sur la nature exacte des informations qui auraient été visées. Un porte-parole du SHAPE a indiqué de son côté que rien ne permettait de penser que la préparation opérationnelle de l’Alliance ou ses dispositifs de commandement aient été compromis.

L’Occident, cible d’opérations de renseignement

Cette arrestation intervient au moment où les services de sécurité occidentaux signalent une pression des activités d’espionnage, qu’elles visent des administrations, des infrastructures critiques ou des programmes de défense. Un rapport des services de renseignement français avait notamment désigné en 2021 le Guoanbu, l’un des principaux services secrets chinois, fort de 200 000 agents et de moyens financiers colossaux. Les agences européennes évoquent le recrutement de stagiaires, chercheurs ou jeunes diplômés étrangers comme l’un des vecteurs privilégiés pour accéder à des données sensibles au sein d’institutions stratégiques, aux côtés du cyberespionnage. Le cas du SHAPE, l’un des sites militaires les plus surveillés du continent, montre la vulnérabilité que représentent les postes d’accueil temporaires, même dans des structures à haut niveau de sécurité.

Le parquet fédéral belge a précisé qu’aucun commentaire supplémentaire ne serait communiqué tant que l’enquête se poursuit. La suspecte reste, à ce stade, sous mandat d’arrêt, sans que la nature précise des informations qu’elle aurait tenté de transmettre n’ait été rendue publique.

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