Des mois de traque internationale prennent fin à Accra. La Cyber Security Authority (CSA) du Ghana, en collaboration avec la police ghanéenne, a annoncé le 30 juin 2026 l’arrestation d’un ressortissant nigérian recherché par Interpol et le FBI, soupçonné d’avoir utilisé des cartes bancaires américaines compromises pour détourner des fonds via des stations-service d’Accra.
Une enquête déclenchée par une plainte bancaire
L’affaire remonte au 25 juin 2026, lorsque le gérant de la station-service Haatso Shell alerte la police après qu’Ecobank Ghana a signalé des transactions suspectes réalisées via deux cartes de débit Citi Bank émises aux États-Unis. Citibank, via le réseau Visa International, avait préalablement transmis un signalement de fraude concernant des opérations non autorisées sur les comptes de deux clients américains.
Munie d’un mandat judiciaire, la police perquisitionne le 27 juin le domicile du suspect à Oyarifa, dans la banlieue d’Accra. Deux téléphones portables et plusieurs appareils électroniques sont saisis pour examen forensique. Le soir même, l’homme retourne à la station Haatso Shell pour effectuer une nouvelle transaction. Les pompistes, qui l’avaient identifié plus tôt dans la journée, le reconnaissent et alertent les forces de l’ordre, qui procèdent à son arrestation sur place.
Une arme et des munitions découvertes
La fouille menée au moment de l’interpellation permet la découverte d’un pistolet Beretta chargé de deux cartouches de 9 mm, ainsi qu’une carte Visa Citibank. Une perquisition complémentaire dans les bureaux de sa société, AA Global Homes Construction Limited, à Katamanso, conduit à la saisie de quinze cartouches supplémentaires de 9 mm et d’une douille vide.
Le suspect a reconnu, selon son procès-verbal d’audition, avoir utilisé la carte Citi Bank pour des transactions dans les stations Haatso Shell et Osu Total. Il affirme qu’une personne prénommée Gail Oneara, présentée comme résidant aux États-Unis, lui aurait transmis cette carte, créditée d’environ 10 000 dollars, pour un usage personnel. Il aurait dépensé ou retiré près de 8 000 dollars avant son arrestation.
Selon les enquêteurs, le mécanisme reposait sur la complicité de pompistes : des transactions fictives d’achat de carburant étaient validées sur les terminaux de paiement, tandis que le suspect recevait en échange l’équivalent en espèces plutôt qu’en carburant. Deux employés des stations concernées ont été interpellés dans le cadre de l’enquête.
Des biens sous surveillance
Les autorités soupçonnent que le produit de ces opérations aurait permis l’acquisition de plusieurs biens : un immeuble de quatre étages, une usine de fabrication de parpaings appartenant au suspect à Katamanso, près d’Amrahia, ainsi qu’un pick-up Nissan noir. Ces éléments font l’objet d’une procédure de traçage patrimonial distincte.
L’homme a été formellement inculpé et placé en détention provisoire dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire. L’action de la CSA s’appuie sur le Cybersecurity Act, 2020 (Act 1038), qui encadre les pouvoirs d’investigation de l’agence en matière de cybercriminalité au Ghana.
Des complices toujours recherchés
La police ghanéenne et la CSA poursuivent leurs investigations pour identifier et interpeller d’éventuels complices, dont Gail Oneara, ainsi que pour établir l’étendue exacte des transactions frauduleuses. L’examen des appareils électroniques saisis doit déterminer si le réseau dispose de ramifications internationales supplémentaires.