Quatre ans pour les étudiants, 240 jours pour les journalistes. Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) américain a publié jeudi 16 juillet une règle définitive fixant des durées maximales de séjour aux visas étudiants et journalistiques, mettant fin à un système vieux de plusieurs décennies qui liait la durée du visa à celle du programme d’études ou de la mission professionnelle.
Des durées fixes remplacent un système ouvert
Jusqu’ici, un étudiant étranger conservait son visa F pour toute la durée de son cursus, sans limite calendaire propre. Un journaliste accrédité pouvait, lui, rester jusqu’à cinq ans sur le sol américain. Ce régime disparaît au profit de plafonds stricts : quatre ans pour les visas étudiants (F) et les visas d’échange culturel (J), 240 jours — soit environ huit mois — pour les journalistes étrangers (visa I). Les titulaires pourront déposer une demande de prolongation ou quitter le territoire avant de solliciter une nouvelle admission, précise le texte réglementaire.
Les ressortissants chinois exerçant une activité journalistique se voient appliquer un régime à part, avec un plafond ramené à 90 jours seulement. Le ministère chinois des Affaires étrangères avait déjà dénoncé ce projet en août dernier, le qualifiant de « mesure discriminatoire ». L’ambassade de Chine n’a pas répondu jeudi aux sollicitations sur ce nouveau texte.
Un durcissement justifié par des chiffres
Le DHS motive sa décision par une hausse jugée incontrôlable des flux migratoires temporaires. Le département cite plus de 1,8 million d’admissions sous visa étudiant en 2024, soit une progression supérieure à 11 % par rapport à l’année précédente, ainsi que 500 000 participants à des programmes d’échange et 37 300 membres des médias accrédités sur la même période fiscale. Cette « augmentation significative » poserait, selon l’administration, un « défi » pour sa capacité à surveiller ces ressortissants pendant leur séjour.
Le texte introduit également une restriction moins commentée jusqu’ici : les doctorants ne pourront plus modifier leurs objectifs pédagogiques en cours de cursus ni changer d’établissement sans autorisation préalable. Le délai accordé aux diplômés pour quitter le territoire après la fin de leurs études est par ailleurs réduit de moitié, passant de 60 à 30 jours.
Une bataille juridique déjà amorcée en 2020
Cette offensive réglementaire n’est pas une première. Une tentative similaire, limitant déjà les journalistes chinois à 90 jours, avait été lancée en 2020 sous la précédente administration Trump, provoquant une riposte diplomatique de Pékin qui avait menacé de représailles. Le nouveau texte doit entrer en vigueur 60 jours après sa publication au registre fédéral, sauf opposition du Congrès américain, où le parti républicain conserve la majorité.
Une centaine de médias et organisations de presse internationales avaient averti, lors de la phase de consultation publique, que la mesure risquait de réduire la quantité et la qualité de la couverture journalistique consacrée aux États-Unis depuis l’étranger.
