Un programme de drone de combat vient d’être confirmé par un responsable israélien, avec pour ambition d’atteindre des performances proches du F-35 américain. L’agence Bloomberg a recueilli ces déclarations, faites sous couvert d’anonymat en raison du caractère sensible du dossier.
Une stratégie de long terme pour s’affranchir des États-Unis
Derrière cet appareil se dessine un objectif plus large : bâtir, sur une décennie, une industrie militaire nationale moins tributaire du soutien américain. Le responsable affirme que le pays souhaite substituer à l’aide reçue des partenariats de conception partagés. Cette orientation survient dans un climat diplomatique tendu pour l’État hébreu, confronté à un isolement grandissant lié aux multiples fronts ouverts ces derniers mois. Plusieurs pays pourraient rejoindre le projet, toujours selon cette même source, sans qu’aucun partenaire ni calendrier n’ait été précisé pour l’instant.
Le F-35, référence actuelle de la flotte israélienne
Le rapprochement avec le F-35 s’explique par le rôle central qu’occupe déjà cet appareil dans l’arsenal israélien. Tsahal en aligne actuellement 48 exemplaires sur les 75 attendus à terme. Un contrat signé en juin 2024, d’un montant de 3 milliards de dollars, doit financer l’arrivée de 25 unités supplémentaires, prévues pour former un troisième escadron d’ici 2028.
Entré en service fin 2017 sous le nom local « Adir », le F-35I a fait l’objet d’adaptations spécifiques réservées à Israël, seul opérateur étranger autorisé à intégrer ses propres systèmes électroniques sur l’appareil. Son prix varie entre 80 et 120 millions de dollars selon les versions.
Un défi industriel encore incertain
L’appui financier américain à Israël s’étend sur plusieurs décennies et représente traditionnellement plusieurs milliards de dollars chaque année, une large part servant à financer l’achat d’équipements auprès de l’industrie de défense américaine. Diminuer cette dépendance implique donc de construire, en parallèle, une capacité de production locale pour des technologies encore largement importées.
Reproduire les qualités d’un appareil comme le F-35 sur une plateforme sans pilote constitue un pari technique majeur. Furtivité, vitesse, capacité d’emport et fusion des capteurs comptent parmi les caractéristiques les plus complexes à transposer sur un drone. À ce jour, aucun pays n’a mis en service un engin sans pilote atteignant un tel niveau de performance. Le programme israélien en est encore à ses débuts d’après les éléments communiqués. Ni le ministère de la Défense israélien ni Lockheed Martin n’ont réagi publiquement à ces déclarations.
