Liban : Netanyahou défie Trump et fait vaciller l'accord avec l'Iran

Benjamin Netanyahou maintient ses frappes dans le sud du Liban malgré les injonctions répétées de Donald Trump, provoquant samedi 20 juin 2026 la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran et mettant en péril l’accord intérimaire négocié entre Washington et Téhéran. Des négociateurs iraniens et américains devaient se retrouver en Suisse pour finaliser un accord intérimaire visant à mettre fin aux combats sur l’ensemble des fronts.

Le quartier général des forces armées iraniennes Khatam al-Anbiya a justifié la fermeture du détroit par « la violation claire et le non-respect par les États-Unis du premier paragraphe du mémorandum sur la fin de la guerre », ainsi que par « les assassinats brutaux et l’expulsion de centaines de milliers de résidents » du Liban. Téhéran a conditionné la poursuite des négociations à un arrêt effectif des opérations militaires israéliennes.

Washington conteste la fermeture du détroit

Les États-Unis ont immédiatement réfuté la déclaration iranienne. Le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du Commandement central américain, a déclaré à Fox News que « l’Iran ne contrôle pas le détroit d’Ormuz » et que « le trafic continue de circuler ». Selon le Commandement central, 55 navires marchands ont transité samedi, transportant plus de 17 millions de barils de pétrole.

La contradiction entre les deux capitales montre la fragilité du cadre diplomatique élaboré lors du sommet du G7 à Évian-les-Bains, qui s’est tenu du 16 au 18 juin. À cette occasion, Donald Trump avait affiché publiquement son exaspération face aux opérations militaires israéliennes, estimant selon Radio-Canada que Netanyahou « n’a aucun putain de jugement » après qu’Israël eut frappé Beyrouth deux heures avant la signature du Mémorandum d’Islamabad entre Washington et Téhéran. Le président américain avait également déclaré devant la presse, en marge du G7, que « sans les États-Unis, il n’y aurait pas d’Israël », sommant le Premier ministre israélien d’être « plus responsable en ce qui concerne le Liban ». Il avait même suggéré que la Syrie prenne le relais d’Israël dans la gestion de la menace Hezbollah — une proposition que Damas avait aussitôt écartée.

Netanyahou maintient la pression militaire

Malgré ces pressions directes de la Maison-Blanche, Benjamin Netanyahou a maintenu ses positions. Le Premier ministre israélien a affirmé que ses forces resteraient déployées dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire » et qu’Israël conserverait son droit de riposter à toute attaque ou menace contre son territoire, selon des responsables israéliens cités par i24NEWS. L’armée israélienne a par ailleurs publié une nouvelle carte de sa zone de sécurité, confirmant qu’aucun retrait n’est envisagé à ce stade.

L’accord signé le 18 juin à Versailles prévoit notamment le retrait des forces israéliennes des territoires libanais occupés — une condition qu’Israël a rapidement rejetée. L’Iran lie pour sa part toute signature finale à ce retrait, selon le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi.

Les négociations en Suisse, dont la tenue restait conditionnelle à un arrêt des hostilités, constituent la prochaine étape formelle du processus. Téhéran a averti qu’elles ne pourraient aboutir si les combats au Liban se poursuivaient. À Washington, l’administration Trump n’a pas encore précisé les conséquences d’un maintien de l’offensive israélienne sur la suite du processus diplomatique.

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