La société UAB Eseka, basée dans le village de Kunigiškiai en Lituanie, a expédié des terminaux Starlink vers la Russie en 2024 via la frontière lettone. Selon l’enquête menée par The Insider avec le centre lituanien Siena, ces équipements ont été déclarés comme du carrelage en céramique sur les documents douaniers pour échapper aux contrôles.
Un montage documentaire élaboré
La Lettonie aurait été privilégiée à dessein par l’entreprise dirigée par Eimantas Skardžius : ses procédures de contrôle douanier sont jugées moins strictes que celles pratiquées côté lituanien, d’après une source proche de l’enquête citée par Siena. Plusieurs enregistrements audio, obtenus auprès de l’ancien dirigeant de la société, révèlent une pratique répétée : falsifier volontairement la nature de la cargaison et son pays de destination réel, pendant que les marchandises rejoignaient in fine le territoire russe.
Ce n’était pas le premier envoi litigieux d’Eseka. La société a également importé 124 moteurs du fabricant japonais O.S. Engines MFG, pour un montant de 65 000 dollars réglé en yuans, en les faisant passer pour des moteurs d’avions radiocommandés miniatures. L’acheteur, la société LLC Alliance, agissait pour le compte d’IPM Limited, entreprise hongkongaise sous sanctions américaines depuis mai 2024. Le PDG d’IPM, Sergei Makarov, résiderait à Vienne et continuerait de se rendre régulièrement à Moscou sans restriction sur ses déplacements personnels.
Des terminaux destinés au front
Selon les analyses de Siena portant sur l’ensemble des produits fournis par Eseka à la Russie, les terminaux livrés en 2024 auraient été destinés à un usage militaire. L’armée russe installe ce type de matériel sur plusieurs modèles de drones, dont les Geran-2, RD-8, Molniya et BM-35, ce dernier pouvant frapper des cibles jusqu’à 500 kilomètres de distance selon l’Institute for the Study of War.
Ce dossier lituanien s’ajoute à une série de procédures similaires en Europe. En Lettonie, la justice a condamné en mars 2026 un membre d’un réseau de fourniture de Starlink à l’armée russe à onze ans de prison, assortis d’une interdiction de territoire de cinq ans ; trois autres suspects attendent leur procès dans la même affaire. La Lituanie avait elle-même enregistré plusieurs saisies douanières entre 2024 et 2025 visant des tentatives de contrebande de Starlink transitant par le Belarus.
SpaceX affirme ne mener aucune activité commerciale avec le gouvernement russe ou ses forces armées, et avoir mis en place des listes d’accès permettant à l’armée ukrainienne d’enregistrer les identifiants de ses terminaux autorisés, empêchant ainsi leur utilisation par les forces russes. Malgré ce dispositif, Moscou a officiellement interdit en avril 2026 l’importation de terminaux satellitaires étrangers, dont Starlink, tout en développant en parallèle sa propre constellation, baptisée Rassvet.




En fournissant aux ukrops l’accès à Starlink, les USA sont en guerre contre la Russie qui a donc le droit de flinguer les satellites.