Russie : les USA pourraient cibler Poutine et imposer 500 % de droits sur l’énergie

Les importations russes pourraient être frappées par des droits de douane pouvant atteindre 500 % aux États-Unis, tandis que Vladimir Poutine et plusieurs responsables russes pourraient être visés par de nouvelles sanctions. Le Sénat des États-Unis a adopté ce 7 août, par 86 voix contre 11, un projet de loi destiné à renforcer la pression économique sur Russie. Le texte doit encore être examiné par la Chambre des représentants.

Des droits de douane jusqu’à 500 % sur les produits russes

Le dispositif adopté par le Sénat autoriserait des droits pouvant atteindre 500 % sur les marchandises russes entrant sur le marché américain. Le pétrole, le gaz naturel, le GNL, les produits pétroliers et pétrochimiques ainsi que le charbon figurent parmi les secteurs concernés, selon les informations rapportées par Reuters et l’Associated Press.

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Le projet prévoit aussi une pression sur les acheteurs étrangers d’hydrocarbures russes. Le président Donald Trump pourrait appliquer des droits allant jusqu’à 100 % sur les importations en provenance de certains grands clients de l’énergie russe, dont la Chine et l’Inde. L’objectif affiché est de réduire les revenus dont dispose Moscou pour financer la guerre en Ukraine.

Le texte prévoit également des sanctions contre des dirigeants russes, des oligarques, des entreprises publiques et des acteurs étrangers accusés de soutenir l’appareil militaire russe. Selon Reuters, les dispositions viseraient directement Poutine et pourraient aussi toucher des responsables de haut niveau.

Une stratégie américaine engagée depuis 2022

Cette nouvelle offensive prolonge plusieurs mécanismes déjà utilisés par Washington depuis le début du conflit russe en février 2022. Le premier levier a été financier. Le Trésor américain a imposé des sanctions à de grandes banques et à des acteurs économiques russes, tandis que les réserves de la Banque centrale russe détenues dans les juridictions occidentales ont été immobilisées.

Washington a aussi restreint l’accès de la Russie à des technologies occidentales susceptibles d’être utilisées dans son industrie militaire. Le contrôle des exportations vise des composants et équipements jugés stratégiques pour les secteurs de défense et de haute technologie. L’énergie est devenue un autre axe majeur. En décembre 2022, les USA et leurs partenaires du G7, de l’Union européenne et d’Australie ont instauré un plafond de 60 dollars le baril pour le pétrole brut russe transporté par voie maritime. Les entreprises occidentales pouvaient continuer à fournir certains services essentiels, comme l’assurance maritime, à condition que le pétrole soit vendu sous ce seuil.

Washington cible aussi le contournement des sanctions

Les autorités américaines ont progressivement élargi leurs mesures aux navires, sociétés de transport et intermédiaires participant au commerce du pétrole russe au-dessus du plafond. Le Trésor américain a aussi ciblé des acteurs associés à la « flotte fantôme » utilisée pour maintenir les exportations russes. La nouvelle loi marquerait donc une évolution du dispositif : après avoir cherché à réduire les revenus de Moscou et son accès aux technologies occidentales, Washington pourrait désormais accentuer la pression sur les pays qui continuent d’acheter son pétrole et son gaz.

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