Le Brésil redoute une intervention militaire américaine après une décision de Rubio contre un gang

Une mise en garde rare de Brasília relance le débat sur les conséquences de la politique antiterroriste de l’administration Donald Trump. Dans un document transmis au Congrès, le ministre des Affaires étrangères, Mauro Vieira, estime que la désignation par les États-Unis de deux puissants groupes criminels brésiliens comme organisations terroristes pourrait, dans certaines circonstances, ouvrir la voie à un recours à la force sur le territoire brésilien.

Le gouvernement du Brésil a officiellement fait part de ses inquiétudes après la décision annoncée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio de classer le Primeiro Comando da Capital (PCC) et le Comando Vermelho (CV) parmi les organisations terroristes étrangères. Cette position est exposée dans une réponse écrite adressée par Mauro Vieira à la Chambre des députés, en réponse à des questions de parlementaires sur les conséquences de cette mesure américaine.

Brasília craint des implications sur sa souveraineté

Dans son document, le chef de la diplomatie brésilienne estime que cette désignation pourrait avoir des effets dépassant le cadre de la coopération judiciaire et policière. Le ministère des Affaires étrangères considère notamment qu’elle pourrait servir de base juridique à une éventuelle utilisation de la force par les États-Unis, même si aucune intervention n’a été annoncée par Washington.

« Il existe la possibilité de l’utilisation de la force militaire par les États-Unis sur le territoire brésilien », écrit Mauro Vieira dans ce document officiel transmis au Congrès.

Outre cette inquiétude, le gouvernement de Luiz Inácio Lula da Silva souligne que la qualification d’organisation terroriste est susceptible d’entraîner des conséquences en matière de sanctions financières, de poursuites judiciaires internationales et de restrictions visant des personnes ou des entités soupçonnées de liens avec ces groupes criminels.

Une décision prise par l’administration Trump

Le 5 juin 2026, les États-Unis ont officiellement inscrit le PCC et le Comando Vermelho sur leur liste des organisations terroristes étrangères (Foreign Terrorist Organizations, FTO). Cette mesure, annoncée par le secrétaire d’État Marco Rubio, découle de la stratégie de l’administration Donald Trump, qui entend utiliser les outils de la lutte antiterroriste contre certaines organisations criminelles transnationales.

Le PCC, né dans les prisons de l’État de São Paulo, est considéré comme l’un des groupes criminels les plus puissants d’Amérique latine. Le Comando Vermelho, implanté principalement à Rio de Janeiro, figure également parmi les principales organisations impliquées dans le trafic de drogue et d’autres activités criminelles au Brésil.

Un précédent avec les cartels mexicains

Cette décision n’est pas la première du genre. En février 2025, l’administration Trump avait déjà classé six cartels mexicains parmi les organisations terroristes étrangères, élargissant l’usage de cette qualification à des groupes relevant traditionnellement de la criminalité organisée plutôt que du terrorisme.

Cette initiative avait suscité des réserves de la part du Mexique, dont les autorités avaient rappelé leur attachement au respect de la souveraineté nationale tout en poursuivant leur coopération avec les États-Unis dans la lutte contre les cartels.

À ce stade, Washington n’a annoncé aucun projet d’intervention militaire au Brésil. Les préoccupations exprimées par Brasília portent sur les conséquences juridiques potentielles de cette désignation, tandis que les relations entre les deux pays continuent de reposer sur leur coopération en matière de sécurité et de lutte contre le crime organisé.

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