Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a présenté ce mercredi 15 juillet 2026 la Confédération des États du Sahel comme le résultat concret de cinq années d’action diplomatique. La diplomatie malienne a permis de « donner corps à son engagement panafricain », a-t-il déclaré lors d’une conférence publique consacrée au bilan de la Transition à Bamako.
Un bilan présenté sous l’impulsion d’Assimi Goïta
Cette prise de parole s’est tenue sous l’autorité du président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, chef de la politique extérieure du pays depuis le coup d’État de 2021. Diop occupe le portefeuille des Affaires étrangères de façon quasi continue depuis 2014, y compris sous l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta. Il présente désormais l’AES — qui réunit le Mali, le Burkina Faso et le Niger — comme un mécanisme réellement conduit par un leadership africain, au service exclusif des populations de la région.
Selon le ministre, ce changement de cap diplomatique repose sur trois piliers : la gouvernance de l’action publique, une vision stratégique de développement durable et l’appropriation nationale des politiques publiques. Il a également revendiqué une diplomatie qu’il qualifie lui-même de repensée et décomplexée, tout en assurant que le pays reste ouvert aux partenariats extérieurs jugés respectueux de sa souveraineté.
Des réalisations concrètes mises en avant
Au-delà du discours, plusieurs avancées institutionnelles de l’AES ont été mentionnées comme preuves tangibles de cette intégration régionale. Le passeport électronique et la carte d’identité biométrique communs aux trois pays confédérés ont été instaurés le 18 avril 2025, sur la base de spécifications techniques validées à Bamako dès novembre 2024. Ces documents respectent les normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale, un argument avancé par les autorités pour légitimer l’autonomie institutionnelle de la Confédération vis-à-vis des standards internationaux.
Autre étape citée : l’admission des trois États sahéliens au Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest, actée en juillet 2025 lors d’une réunion à Accra réunissant quinze pays. Cette adhésion, obtenue en tant que pays non-membres de la CEDEAO, illustre la volonté de l’AES de se constituer des relais multilatéraux propres, en dehors du cadre ouest-africain dont les trois régimes militaires se sont retirés en 2024.
Pour rappel, l’AES est née en septembre 2023 d’un pacte de défense mutuelle scellé par les trois juntes ouest-africaines, avant de se transformer en confédération en juillet 2024 — une trajectoire qui a accompagné leur rupture progressive avec la CEDEAO et leurs partenaires occidentaux traditionnels, au premier rang desquels la France.
Un cap présenté comme multilatéral
Le ministre a par ailleurs affirmé que Bamako plaide pour une gouvernance mondiale rénovée, qualifiée de plus multipolaire et équitable, tout en insistant sur le renforcement des relations de bon voisinage. Cette rhétorique intervient alors que le calendrier électoral de sortie de Transition reste, à ce stade, non officiellement communiqué par les autorités maliennes.