La pression militaire exercée dans le nord-est du Nigeria continue de produire des résultats, selon les autorités. L’armée nigériane a annoncé, mardi 7 juillet, la reddition de deux hauts responsables d’ISWAP aux forces de l’opération HADIN KAI, une évolution présentée comme une nouvelle avancée dans la lutte contre l’insurrection jihadiste. L’information a été communiquée par le capitaine Mohammed Goni, porte-parole par intérim de la Force opérationnelle conjointe du Nord-Est.
Deux responsables placés en détention militaire
Les deux hommes se sont rendus le 4 juillet aux troupes du secteur 2 de l’opération HADIN KAI à Geidam, dans l’État de Yobe, avant d’être transférés le lendemain à Maiduguri, capitale de l’État de Borno, où ils sont actuellement détenus par les forces armées.
D’après le communiqué militaire, les deux individus occupaient le rang de « Munzir » au sein de la structure dirigeante d’ISWAP, un niveau de responsabilité qui leur aurait permis d’avoir une connaissance approfondie du fonctionnement du groupe armé. «L’opération HADIN KAI a enregistré une nouvelle avancée importante dans la campagne de lutte contre le terrorisme après la reddition de deux commandants de haut rang », a déclaré le capitaine Mohammed Goni.
L’armée indique que les deux commandants font l’objet d’un processus de profilage et d’interrogatoires approfondis. Les premiers éléments recueillis porteraient notamment sur l’organisation interne du mouvement, ses circuits logistiques, ses modes opératoires et ses réseaux de soutien.
Selon les autorités militaires, ces renseignements devraient être exploités pour orienter les prochaines opérations visant les derniers bastions jihadistes dans le nord-est du pays.
Une campagne militaire qui se poursuit
L’état-major estime que cette nouvelle reddition illustre les effets des offensives menées depuis plusieurs mois par les forces engagées dans l’opération HADIN KAI, avec l’appui de moyens terrestres, aériens et du renseignement militaire.
L’armée affirme que cette stratégie réduit progressivement les capacités opérationnelles des groupes armés en limitant leurs déplacements, en affaiblissant leur chaîne de commandement et en compliquant leur approvisionnement. Elle soutient également que cette pression pousse certains dirigeants et combattants à abandonner la lutte armée.
ISWAP, issu d’une scission de Boko Haram en 2016 après son ralliement à l’organisation État islamique, demeure l’un des principaux groupes jihadistes actifs dans le bassin du lac Tchad. Il mène régulièrement des attaques contre les forces de sécurité et les populations civiles au Nigeria ainsi que dans les pays voisins.
Une nouvelle reddition après celle du mois de juin
Cette annonce intervient quelques semaines après un précédent succès revendiqué par l’armée nigériane. Le 8 juin 2026, deux autres commandants influents d’ISWAP, Ismail Mohammed et Abu Umar, s’étaient déjà rendus aux troupes de l’opération HADIN KAI dans la région du lac Tchad.
Au cours de leurs interrogatoires, ils avaient notamment confirmé la mort de Mohammed Khalifa, membre du conseil de la Choura d’ISWAP, tué lors d’opérations militaires menées par les forces nigérianes.
Les autorités poursuivent désormais l’exploitation des informations recueillies auprès des deux nouveaux prisonniers afin de préparer d’autres opérations ciblées contre les cellules encore actives dans le nord-est du Nigeria.
