La présence militaire américaine au Nigeria connaît une nouvelle évolution. À l’issue de la Conférence des chefs d’état-major africains 2026, le commandement militaire américain a annoncé le retrait de la majeure partie des soldats déployés dans le pays pour une opération conjointe de lutte contre le terrorisme dans le bassin du lac Tchad. L’annonce a été faite par le général Dagvin RM Anderson, responsable des forces aériennes américaines en Europe et en Afrique.
Selon le haut responsable militaire, cette décision intervient après l’achèvement de l’opération qui avait conduit au déploiement des forces américaines. Les États-Unis précisent toutefois que leur coopération sécuritaire avec le Nigeria se poursuivra, notamment à travers le partage de renseignements et l’appui aux autorités nigérianes.
Une mission achevée, mais une coopération maintenue
Au cours de son intervention, le général Dagvin RM Anderson a expliqué que l’opération conduite dans le bassin du lac Tchad avait atteint ses objectifs, justifiant ainsi le retour de la majorité des militaires américains engagés sur le terrain.
« Nous avons retiré une grande partie de nos forces déployées pour cette opération, mais nous poursuivons le partenariat sollicité par le Nigeria afin de continuer à partager les renseignements nécessaires à ces missions complexes. »
Le responsable américain a insisté sur le rôle joué par la coopération entre les services de renseignement des deux pays dans les opérations menées contre Daech. Il a estimé que la combinaison des capacités américaines et des moyens militaires nigérians avait permis d’obtenir des résultats significatifs contre l’organisation jihadiste.
Selon lui, cette collaboration a notamment contribué à une opération ayant visé le numéro deux du réseau mondial de Daech, présenté comme responsable d’une partie des activités internationales du groupe, de sa propagande et de son recrutement.
Le général Anderson a également salué les capacités des forces armées nigérianes, qu’il a qualifiées de partenaire solide dans la lutte contre le terrorisme. Il a indiqué que les États-Unis entendaient poursuivre un modèle de coopération reposant sur un soutien ciblé, en mettant à disposition des capacités spécifiques, notamment dans le domaine du renseignement.
Un appel à renforcer le partage de renseignements en Afrique
Au-delà du cas nigérian, le commandant américain a plaidé pour une coopération accrue entre les États africains face aux menaces transnationales. Il a estimé que l’échange d’informations entre partenaires constituait un levier essentiel contre les groupes terroristes, les réseaux criminels et le trafic de stupéfiants.
Pour illustrer cette approche, il a évoqué une récente opération internationale ayant permis l’interception d’un navire transportant 31 tonnes de cocaïne au large de l’Afrique de l’Ouest. D’après ses explications, les informations partagées entre l’US AFRICOM, plusieurs partenaires africains et des agences américaines ont conduit à l’intervention d’un navire espagnol, aboutissant à ce qui est présenté comme la plus importante saisie de drogue jamais réalisée en mer.
Cette annonce intervient près de deux ans après le retrait complet des forces américaines du Niger, achevé le 16 septembre 2024. Ce départ avait mis fin à plusieurs années de présence militaire américaine dans ce pays du Sahel, après la dénonciation de l’accord de coopération militaire par les autorités nigériennes.
Le retrait annoncé au Nigeria ne marque toutefois pas une rupture avec Abuja. Les autorités militaires américaines affirment que le partenariat bilatéral se poursuivra sous une autre forme, avec un accent particulier sur le renseignement, la formation et l’appui aux opérations antiterroristes menées par les forces nigérianes.
