Brice Clotaire Oligui Nguema a appelé les pays industrialisés à rémunérer les États africains qui protègent leurs forêts tropicales lors de sa visite d’État en France. Le président gabonais estime que la conservation des grands écosystèmes africains doit être accompagnée d’un soutien financier international afin de concilier protection climatique et développement économique.
Dans un entretien médiatique accordé au journal Le Figaro, Brice Clotaire Oligui Nguema défend une nouvelle approche des relations entre l’Afrique et les pays développés. Il considère que les nations qui maintiennent leurs forêts doivent être compensées pour les bénéfices environnementaux qu’elles apportent à l’ensemble de la planète. « Nous préservons les forêts, mais nous ne pouvons pas le faire au détriment de notre développement », a déclaré le chef de l’État gabonais. Il estime que les pays africains doivent pouvoir exploiter leurs ressources et améliorer les conditions de vie de leurs populations tout en participant aux efforts mondiaux contre le changement climatique.
Le Gabon revendique une compensation pour ses services environnementaux
Le président gabonais rappelle que son pays est l’un des principaux poumons verts de la planète. Selon lui, la préservation de ces espaces représente un service rendu à la communauté internationale, alors que les émissions historiques de gaz à effet de serre proviennent majoritairement des économies industrialisées.
Oligui Nguema appelle ainsi à un changement dans les mécanismes de financement climatique. « Il faut qu’on nous paye, parce que c’est vous qui polluez », a-t-il affirmé. Cette position rejoint les revendications de plusieurs pays du bassin du Congo qui demandent une meilleure valorisation financière de leurs efforts de conservation. Le Gabon absorbe davantage de dioxyde de carbone qu’il n’en émet grâce à ses forêts, selon plusieurs estimations scientifiques utilisées dans les discussions internationales sur le climat.
Une biodiversité exceptionnelle à préserver
La demande du président gabonais s’appuie sur le patrimoine naturel du pays. Le Gabon possède l’un des écosystèmes les plus riches d’Afrique centrale, avec environ 85 % de son territoire couvert par la forêt tropicale. Cette zone fait partie du bassin du Congo, considéré comme le deuxième plus grand massif forestier tropical après l’Amazonie.
Cette richesse forestière abrite une faune remarquable avec des espèces emblématiques comme les éléphants de forêt, les gorilles des plaines de l’Ouest, les chimpanzés, les mandrills ou encore les léopards. Le pays possède aussi une importante diversité marine avec des tortues, des dauphins et des baleines présentes sur son littoral.
La flore gabonaise compte plusieurs milliers d’espèces végétales, dont certaines sont endémiques. Les forêts du pays regroupent des essences précieuses et des zones à forte diversité biologique, comme les Monts de Cristal ou le parc national de la Lopé. Depuis 2002, le Gabon a créé 13 parcs nationaux couvrant une partie importante de son territoire afin de protéger ces espaces naturels. Le parc national de Loango, celui d’Ivindo ou encore celui de Minkébé figurent parmi les zones protégées les plus connues du pays.
Libreville veut un nouvel équilibre avec les pays industrialisés
À travers son appel, Oligui Nguema souhaite que la protection des forêts tropicales soit davantage intégrée dans les négociations internationales sur le climat. Le président gabonais affirme que la transition écologique ne doit pas limiter les ambitions économiques des pays africains. Depuis plusieurs années, les États africains réclament des mécanismes financiers plus importants pour préserver leurs ressources naturelles. Les discussions portent sur la reconnaissance des services écosystémiques fournis par les pays forestiers dans la lutte contre le réchauffement climatique.
