Ce jeune Ukrainien disparu en 2022 explique pourquoi il combat pour la Russie

Un adolescent apparaît depuis 2022 dans le registre ukrainien des enfants disparus a été repéré combattant dans les rangs de l’armée russe. Oleksandr Mustyatse, originaire du village de Krynky, dans l’oblast de Kherson, en Ukraine, avait 15 ans au moment de sa disparition, selon Mykola Kuleba, commissaire présidentiel aux droits de l’enfant.

Une disparition liée à l’occupation de Krynky

Le jeune homme, né en 2007, s’était volatilisé peu avant son quinzième anniversaire, alors que les troupes russes prenaient le contrôle de Krynky dès les premiers jours de l’invasion lancée le 24 février 2022. Ce village de l’oblast de Kherson deviendra ensuite le théâtre de combats prolongés entre forces ukrainiennes et russes, jusqu’à être en grande partie submergé après la destruction du barrage de Kakhovka, en juin 2023.

Aucune information n’avait circulé pendant plusieurs années sur son sort. C’est le projet Back to Ukraine, engagé dans la recherche d’enfants ukrainiens déportés ou emmenés par la Russie, qui a permis de retrouver sa trace, selon le média Astra. Des militants ont repéré son profil sur le réseau social russe VK, où figurent des photos de lui en uniforme de l’armée russe, portant le symbole « Z » et le drapeau tricolore russe. L’un des derniers clichés le montre avec un bandage, possiblement à la suite d’une blessure au combat.

Une réponse brève aux militants

Interrogé directement sur ses motivations, Mustyatse n’a livré que deux phrases, rapportées par Back to Ukraine : « Oui, je suis toujours de mon côté. La Russie a toujours été dans mon cœur. » Il n’a répondu à aucune autre question posée par les militants.

Selon Back to Ukraine, cette déclaration résulterait d’une stratégie d’influence éducative et informationnelle exercée par la Russie sur des enfants ukrainiens capturés ou déplacés depuis des territoires occupés. Cette interprétation, avancée par l’organisation, n’a pas été confirmée par une source indépendante. Les autorités russes n’ont pour l’heure pas réagi à cette affaire.

Un cas isolé dans un phénomène massif

Ce dossier constituerait le premier cas documenté d’un mineur inscrit sur le registre officiel des disparus puis identifié comme militaire au sein des forces armées russes, selon les autorités ukrainiennes. Kiev a recensé plus de 19 500 cas d’enfants qu’elle qualifie de déportés depuis le début du conflit, dont seulement 1 366 auraient été ramenés en territoire sous contrôle ukrainien à ce jour.

Ces transferts d’enfants, qualifiés de déportation et de transfert illégal par la Cour pénale internationale, ont valu à Vladimir Poutine et à la commissaire russe aux droits de l’enfant, Maria Lvova-Belova, un mandat d’arrêt délivré par la CPI le 17 mars 2023. Les organisations de défense des droits de l’enfant évoquent, de leur côté, un système impliquant changement d’identité, placement en familles d’accueil russes ou en établissements militaires, avant un possible enrôlement des mineurs les plus âgés dans l’armée.

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