ONU : qui est Olara Otunnu, le deuxième candidat africain au poste de secrétaire général

Diplomate ougandais âgé de plusieurs décennies de carrière onusienne, Olara Otunnu est devenu le 26 juillet 2026 le deuxième candidat africain à briguer le poste de secrétaire général des Nations unies. Le ministère des Affaires étrangères de l’Ouganda a annoncé sa candidature à Kampala, dans un communiqué signé par le secrétaire permanent Bagiire Vincent Waiswa.

Cette annonce survient après celle de l’ancien président sénégalais Macky Sall, présentée en mars par le Burundi au nom de l’Union africaine. Jusqu’ici seul Africain en lice pour succéder à Antonio Guterres, dont le mandat s’achève le 31 décembre 2026, Macky Sall doit désormais composer avec la candidature d’un compatriote du continent, portée cette fois directement par son pays d’origine.

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Un diplomate formé au Conseil de sécurité

Né en Ouganda, Otunnu a représenté son pays comme ambassadeur permanent auprès des Nations unies de 1980 à 1985, avant de présider le Conseil de sécurité en décembre 1981. Le communiqué gouvernemental précise qu’il a instauré à cette période le système de vote indicatif pour l’élection du secrétaire général, procédure surnommée depuis la « formule Otunnu » et qui encadre chaque scrutin de ce type depuis 1981 — soit près de 45 ans de continuité procédurale à l’ONU.

Sur le plan national, il a occupé le poste de ministre des Affaires étrangères de l’Ouganda entre 1985 et 1986, durant la période de transition qui a suivi la chute du régime d’Idi Amin. Diplômé en droit de l’Université d’Oxford et titulaire d’une maîtrise de Harvard Law School, il parle anglais, français et luo.

Une décennie à la tête d’un mandat sur les enfants et la guerre

Entre 1998 et 2005, Otunnu a exercé comme sous-secrétaire général et premier représentant spécial du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés. Selon le ministère ougandais, il a porté la protection des enfants touchés par la guerre devant le Conseil de sécurité et conçu le mécanisme de suivi adopté par la résolution 1612 en 2005, toujours appliqué aujourd’hui.

Avant ce mandat onusien, il avait présidé l’Académie internationale pour la paix — devenue l’Institut international de la paix — de 1990 à 1998, puis enseigné à la faculté de droit d’Albany, à l’Université américaine de Paris et à l’Institut français des relations internationales. Ses activités lui ont valu plusieurs distinctions, dont le Sydney Peace Prize en 2005 et le German Africa Prize en 2002. Ces dernières années, il a codirigé avec l’ancien juge en chef Alfonse Chigamoy Owiny-Dollo une initiative locale de reconstruction post-conflit dans le nord de son pays, baptisée Roco Paco.

Deux candidatures africaines face au même Conseil de sécurité

Le ministère ougandais des Affaires étrangères a appelé les États membres à « apporter leur soutien le plus total » à la candidature d’Otunnu. Le soutien du Sénégal à Macky Sall, longtemps incertain après le refus de l’Union africaine de l’entériner en mars, a fini par se concrétiser. Le président Bassirou Diomaye Faye a reçu son prédécesseur le 17 juillet 2026 au Palais de la République, puis annoncé trois jours plus tard, par communiqué du ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, l’appui officiel de l’État sénégalais à sa candidature. Diomaye Faye aurait alors donné instruction au gouvernement et au réseau diplomatique du pays de mobiliser leurs efforts en sa faveur.

Aucun Africain n’a dirigé l’ONU depuis le Ghanéen Kofi Annan, en poste de 1997 à 2006, soit deux décennies sans candidat du continent parvenu au sommet de l’organisation. La coexistence des candidatures de Macky Sall et d’Olara Otunnu pourrait diviser les soutiens africains au moment où le Conseil de sécurité doit se prononcer en septembre 2026, avant transmission d’une recommandation à l’Assemblée générale.

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