Une requête de commutation de peine au nom de Robert Sylvester Kelly est actuellement en cours d’examen au ministère de la Justice américain. Le Bureau du procureur chargé des grâces (Office of the Pardon Attorney) a rendu publique cette semaine la demande, classée comme « en attente » selon les registres officiels consultés par le Chicago Tribune.
Une demande de réduction et non un pardon
Les avocats du chanteur, connu sous le nom de R. Kelly, ne réclament pas l’annulation de sa condamnation mais une réduction de sa peine actuelle. Contrairement à une grâce présidentielle, une commutation laisse le jugement pénal intact tout en écourtant ou en mettant fin à l’incarcération. Kelly purge depuis 2022 une peine de 30 ans, prononcée par la juge fédérale Ann M. Donnelly à New York, après sa condamnation pour trafic sexuel et racket. Une seconde condamnation, prononcée à Chicago pour pédopornographie et incitation de mineures à des relations sexuelles, s’ajoute à ce total sans en modifier significativement la durée globale. Sans intervention présidentielle, l’artiste devrait rester incarcéré jusqu’en 2045, à l’âge de 78 ans. Il est actuellement détenu dans un établissement fédéral de Caroline du Nord.
Des accusations de mise en danger en détention
Cette démarche formelle intervient plus d’un an après une première offensive judiciaire de son avocat, Beau Brindley, qui avait déposé une requête d’urgence réclamant une libération immédiate vers une détention à domicile. Cette requête s’appuyait sur la déclaration sous serment d’un codétenu en phase terminale, affirmant que des responsables pénitentiaires lui auraient proposé la liberté en échange de l’organisation du meurtre de Kelly. La défense accusait également l’administration pénitentiaire d’avoir intercepté sa correspondance personnelle pour faire pression sur des témoins potentiels.
Kelly a ensuite été placé en isolement, une mesure que son avocat a qualifiée de « punition » auprès du magazine Variety. Brindley a affirmé avoir déjà noué des contacts avec l’entourage du président, jugeant que Donald Trump serait « peut-être la seule personne » en mesure de comprendre une situation qu’il estime comparable à ses propres démêlés judiciaires passés.
Un dossier suivi de longue date par la justice fédérale
L’affaire Kelly reste l’une des procédures fédérales les plus longues concernant des violences sexuelles sur mineurs aux États-Unis : les faits examinés par les enquêteurs s’étendent sur une période allant de 1994 à 2018, selon les minutes du procès de New York. Le procès tenu à Brooklyn en 2021 avait mobilisé quarante-cinq témoins, dont plus d’une dizaine de victimes.
La Cour suprême des États-Unis a refusé d’examiner un recours de l’artiste contestant sa condamnation new-yorkaise en 2025, confirmant ainsi la décision des juges du fond. Le ministère de la Justice n’a pour l’instant annoncé aucun calendrier concernant l’examen de la demande de commutation, dont l’issue dépend uniquement de la décision présidentielle.



