Raffineries : le Nigeria prévoit plus de projets que les États-Unis et la Chine d'ici 2030

Vingt-quatre projets de nouvelles raffineries sont actuellement en préparation au Nigeria, un nombre supérieur au total combiné des projets recensés aux États-Unis, en Iran, en Irak et en Chine. Selon les données compilées par Industrial Info Resources (IIR), ces installations sont prévues pour être lancées avant 2031, ce qui placerait le pays ouest-africain en tête des marchés mondiaux pour les nouveaux projets de capacités de raffinage entre 2026 et 2030.

Le Nigeria dispose déjà de la plus grande raffinerie d’Afrique, la raffinerie Dangote, inaugurée en 2023 après plus de 24 milliards de dollars d’investissements et capable de traiter 650 000 barils par jour. Le pays extrait également son brut via d’importants champs offshore, notamment à Bonga et Egina, et porte un projet de gazoduc régional reliant le Nigeria au Maroc, censé acheminer jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an. Cette dynamique se prolonge désormais du côté du raffinage à petite et moyenne échelle, où le pays multiplie les chantiers modulaires à un rythme inédit sur la scène mondiale.

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Une capacité qui pourrait tripler d’ici 2030

D’après les chiffres cités par le média Punch, la capacité opérationnelle actuelle du pays s’élève à 732 000 barils par jour. Les projections d’IIR estiment qu’elle pourrait grimper jusqu’à 2,64 millions de barils par jour à la fin de la décennie, si l’ensemble des chantiers recensés aboutissent dans les délais annoncés.

L’essentiel de cette croissance reposerait sur les raffineries modulaires, des installations de taille réduite, plus rapides à construire que les complexes industriels classiques. Selon Hillary Stevenson, vice-présidente de l’intelligence énergétique chez IIR, ces unités modulaires porteraient l’essentiel de l’expansion attendue du secteur. Le montant total des investissements suivis par l’organisation pour ces projets modulaires atteint 10,74 milliards de dollars sur la période 2026-2030.

Le Nigeria loin devant ses concurrents directs

La comparaison internationale établie par IIR place largement le Nigeria en tête du classement mondial. Les États-Unis et l’Iran suivent à égalité, avec onze projets de raffinerie chacun d’ici 2031. L’Irak arrive en quatrième position avec huit chantiers recensés, tandis que la Chine ferme la marche du top cinq avec cinq projets seulement.

Le Nigeria n’avait plus construit de raffinerie d’État pleinement opérationnelle depuis les années 1980, malgré son rang de premier producteur de brut du continent africain, ce qui l’avait longtemps contraint à importer l’essentiel de ses produits pétroliers raffinés.

Réduire la dépendance aux importations

Les auteurs du rapport IIR estiment que ces nouveaux investissements, combinés aux capacités déjà existantes, pourraient transformer en profondeur le secteur pétrolier en aval du pays. L’objectif affiché consisterait à réduire la dépendance historique du Nigeria vis-à-vis des carburants importés, une problématique qui pèse depuis des décennies sur les finances publiques et la stabilité des prix à la pompe dans le pays.

Le rapport complet, publié par Punch, précise que ces projections restent conditionnées à l’achèvement effectif des chantiers dans les délais annoncés, plusieurs raffineries modulaires ayant par le passé connu des retards de mise en service en raison de contraintes de financement ou d’approvisionnement en équipements.

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