Selon Guterres, les pays les plus exposés aux catastrophes climatiques sont les moins bien alertés

António Guterres a appelé ce vendredi à accélérer le déploiement de systèmes d’alerte précoce dopés à l’intelligence artificielle. Le secrétaire général de l’ONU s’exprimait à Shanghai, en marge de la Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle.

Un tiers des pays sans protection

Devant les participants du Forum météorologique de la conférence, Guterres a détaillé l’ampleur du retard mondial en matière d’alerte climatique. Selon lui, 128 pays disposent aujourd’hui d’un système d’alerte multirisques, un chiffre plus de deux fois supérieur à celui de 2015. Un tiers des pays du monde reste toutefois totalement dépourvu de couverture.

Les écarts entre régions restent marqués : la zone Asie-Pacifique affiche 72% de couverture, contre 51% seulement pour les Amériques et les Caraïbes. Les petits États insulaires en développement, particulièrement exposés à la montée des eaux et aux cyclones, ferment la marche avec 43% de couverture. « Là où la couverture est complète, les décès liés aux catastrophes sont au moins six fois moins nombreux », a déclaré le chef de l’ONU, cité par l’agence de presse indienne ANI.

L’IA présentée comme un accélérateur de protection

Guterres a plaidé pour un usage renforcé de l’intelligence artificielle dans la production et la diffusion des alertes. Selon lui, la technologie permettrait de générer des prévisions plus rapides et d’atteindre les populations avant que le danger ne survienne. Il a toutefois conditionné ces avancées à un renforcement de la coopération internationale, à davantage d’investissements et à un partage plus large des technologies entre pays développés et pays vulnérables.

« Une alerte délivrée à temps fait la différence entre une évacuation et un drame », a-t-il résumé.

Le secrétaire général a également rappelé que les onze dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, et que les scientifiques anticipent désormais un dépassement temporaire du seuil de 1,5°C de réchauffement. Il a appelé à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre au cours de cette décennie.

Un objectif fixé à 2027

Cette intervention suit le prolongement de l’initiative « Early Warnings for All« , lancée par l’ONU en mars 2022. Le programme vise à garantir que chaque habitant de la planète soit couvert par un système d’alerte précoce d’ici la fin 2027. Il est copiloté par l’Organisation météorologique mondiale et le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes.

Un rapport publié en novembre 2025 par l’Organisation météorologique mondiale indiquait que le score de complétude de ces systèmes avait progressé de 45% en moyenne depuis 2015. L’Afrique enregistre la plus forte progression sur la période, avec une hausse de 72%, tout en restant la région où les scores globaux demeurent les plus faibles.

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