Le détroit d’Ormuz ne redeviendra pas un couloir gratuit, a signifié lundi Téhéran. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a confirmé lors de sa conférence de presse hebdomadaire que des frais seraient facturés aux navires empruntant cette voie stratégique. « Naturellement, quand vous fournissez des services maritimes, vous devez recevoir une compensation », a-t-il déclaré, cité par l’agence chinoise Xinhua.
Cette annonce intervient au lendemain d’une prise de position du président américain Donald Trump, qui avait assuré dimanche que le détroit resterait « définitivement sans péage » après l’accord de paix conclu entre Washington et Téhéran. Baghaei a pris soin de distinguer les deux notions : l’Iran ne réclamerait pas de péage à proprement parler, mais des frais correspondant à des prestations concrètes — assistance à la navigation, surveillance environnementale, gestion du trafic maritime.
Une crise née des frappes de février
Le détroit d’Ormuz n’a pas toujours été un point de friction financier. Ce statut découle directement de la guerre déclenchée le 28 février 2026, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé une offensive conjointe contre l’appareil militaire et le programme nucléaire iranien. L’opération visait les stocks de missiles, leurs sites de lancement et les installations atomiques du pays, dans la continuité d’une escalade régionale amorcée dès 2024.
En réaction à cette campagne militaire, l’Iran a fermé puis restreint la circulation dans le détroit, dénonçant selon Baghaei « l’agression militaire » américano-israélienne et l’usage des bases du Golfe pour frapper son territoire. Cette portion de mer, par laquelle transite environ un cinquième du pétrole mondial, s’est transformée en levier de négociation pour Téhéran face à Washington. Un mémorandum de cessez-le-feu a été annoncé à la mi-juin, prévoyant une réouverture progressive de la voie maritime, mais son application concrète reste soumise à des discussions techniques toujours en cours.
Des négociations toujours en cours avec Oman
Les modalités précises de cette tarification restent à finaliser. Baghaei a indiqué que les discussions avec Oman portaient sur la création d’une route de navigation intermédiaire, appelée à remplacer temporairement les couloirs nord et sud existants, en attendant un nouveau schéma de séparation du trafic entre les deux pays. « Certains points techniques sont encore en discussion », a-t-il précisé, tout en assurant que les pourparlers avancent « de manière fluide et constructive ».
Le gouvernement iranien n’a pas détaillé le montant ni le mode de calcul des frais envisagés. Un précédent système informel de paiement, parfois estimé jusqu’à deux millions de dollars par traversée pour certains navires, avait déjà été observé début 2026, avant la formalisation d’un cadre officiel. La question du financement de ce nouveau régime maritime devrait rester un point de friction entre Téhéran et Washington dans les semaines à venir.



