La Chine a fixé une ligne rouge à Moscou. Selon Volodymyr Zelensky, Pékin a répondu, pour la première fois avec autant de fermeté, aux menaces russes d’un recours à l’arme nucléaire contre l’Ukraine. L’information a été rapportée le 10 juillet par Bloomberg, sur la base d’échanges que plusieurs dirigeants européens ont eus avec des représentants chinois.
Selon Zelensky, la partie chinoise a posé une forme d’ultimatum : aucune discussion n’est envisageable sur l’emploi de l’arme atomique. « Il me semble que c’est la première fois que Pékin répond avec autant de clarté et de force », a-t-il déclaré, cité par Bloomberg. Le président ukrainien s’exprimait en réponse à une question de Radio NV. Il a par ailleurs confirmé avoir évoqué le rôle de la Chine dans le conflit avec Donald Trump en marge du sommet de l’OTAN en Turquie, sans vouloir en dévoiler le contenu.
Une rhétorique nucléaire russe en nette accélération
Cette révélation intervient alors que le discours nucléaire tenu à Moscou s’est durci depuis le printemps. Fin mai, Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, avait menacé de frapper en représailles des centrales nucléaires ukrainiennes ou situées dans des pays de l’OTAN, en cas de destruction accidentelle de la centrale de Zaporijjia, évoquant le scénario d’un « nouveau Tchernobyl ». Début juillet, il a également annoncé que la Finlande figurait désormais sur la liste des cibles nucléaires russes, en réponse au déploiement envisagé d’armements de l’Alliance sur son territoire.
Début juin, le quotidien officiel du gouvernement russe Rossiyskaya Gazeta a publié la tribune d’un expert militaire appelant explicitement le Kremlin à recourir à l’arme nucléaire tactique contre les forces ukrainiennes, dans un cadre de revers militaires russes face aux drones et missiles à longue portée déployés par Kiev. Selon Bloomberg, cette accélération du discours nucléaire russe en 2026 serait la plus marquée depuis le déclenchement de la guerre en février 2022.
Pékin, arbitre inattendu du dossier nucléaire
Ce positionnement chinois tranche avec la posture habituellement prudente de Pékin sur le conflit. La Chine avait déjà mis en garde Moscou par le passé contre tout usage d’armes nucléaires, mais selon les propos rapportés par Zelensky, la fermeté du ton employé cette fois serait inédite. Les dirigeants européens ayant échangé avec les responsables chinois ont décrit une réponse jugée sérieuse face aux allégations russes.
L’appui, même indirect, de la Chine à une ligne rouge nucléaire pourrait peser sur les calculs du Kremlin, dont l’arsenal de dissuasion repose en partie sur l’ambiguïté stratégique entretenue depuis 2022. Aucune déclaration officielle chinoise n’a pour l’instant confirmé les propos rapportés par les dirigeants européens à Zelensky.
