Une querelle sentimentale s’est soldée par une condamnation capitale devant la Haute Cour de l’État de Lagos, siégeant à Ikeja. La juridiction a reconnu un homme coupable du meurtre d’un trentenaire, tué lors d’un affrontement autour d’une femme.
Le verdict a été rendu jeudi par la juge Modupe Nicol-Clay, dans le dossier référencé LD/17040C/2021. Le prévenu a été déclaré coupable de meurtre au regard de l’article 222 de la loi pénale de l’État de Lagos de 2015, texte qui prévoit la peine de mort par pendaison pour cette infraction.
Une bagarre fatale sur fond de rivalité amoureuse
Les faits remontent au 3 avril 2021, dans un immeuble résidentiel du quartier de Jakande, à Lagos. Une dispute portant sur une femme aurait dégénéré en confrontation physique entre les deux hommes, causant des blessures fatales à la victime, âgée de 35 ans, transportée à l’hôpital sans succès.
L’accusation, conduite par les procureurs Titilayo Olanrewaju Daud et Z. O. Abdulaziz, s’est appuyée sur un seul témoin direct : une inspectrice de police adjointe, en charge de l’enquête. Six pièces à conviction ont été présentées au tribunal pour étayer les poursuites.
Des indices matériels privilégiés à la confession
Aucun témoin n’a assisté directement à l’agression. La juge a toutefois estimé que le faisceau de preuves circonstancielles désignait sans équivoque le prévenu comme l’unique responsable de la mort de la victime. « Les éléments produits devant la Cour démontrent de façon claire et non équivoque qu’aucune autre personne que le convict n’est responsable de la mort du défunt », a-t-elle déclaré dans son jugement.
Fait notable, la magistrate a écarté des débats la déclaration incriminante attribuée à l’accusé pendant l’enquête, jugée irrecevable faute d’avoir été enregistrée sur support vidéo ou recueillie en présence d’un avocat. Cette exigence procédurale, issue de la réforme du droit pénal lagosien de 2015, vise à sécuriser les aveux obtenus en garde à vue face aux risques de contrainte. Malgré l’écartement de cette pièce, les juges ont considéré que les preuves matérielles et circonstancielles suffisaient à établir la culpabilité au-delà de tout doute raisonnable.
La sentence de mort par pendaison reste, sous cette législation, la peine automatiquement appliquée en cas de condamnation pour meurtre. La défense n’a pas encore fait connaître ses intentions quant à un éventuel recours devant la Cour d’appel de Lagos.



