44% des Marocains ont envisagé de quitter leur pays selon Thierry Breton

« 44 % de tous les Marocains ont pensé à le faire » : c’est le chiffre avancé par Thierry Breton face à Darius Rochebin, dans l’émission « Le Monde qui vient » sur LCI. L’ancien commissaire européen a ajouté que ce taux atteint « 64 % de la jeune génération » désireuse de partir.

Cette intervention a eu lieu sur un plateau consacré à l’attractivité européenne pour les Marocains, dans le sillage de la crise migratoire de Ceuta. Fin juillet, des dizaines de milliers de personnes, en grande partie originaires du Maroc, ont tenté la traversée vers l’enclave espagnole. Les autorités madrilènes dénombrent au moins 82 morts ; une organisation non gouvernementale marocaine avance un bilan supérieur à 140 décès.

Les chiffres cités correspondent à une enquête d’Afrobarometer

Le réseau de recherche Afrobarometer a publié le 22 octobre 2025 une enquête sur les intentions migratoires des Marocains. Le document établit qu’un peu plus de quatre citoyens sur dix ont déjà songé à l’exil, cette proportion grimpant nettement parmi les moins de 35 ans, les foyers modestes, les diplômés et les chômeurs.

Les raisons évoquées par les personnes sondées relèvent d’abord de considérations matérielles : trouver un poste, développer une activité commerciale ou sortir de la précarité. Le continent européen arrive largement en tête des destinations envisagées, devant l’Amérique du Nord.

Un décalage entre croissance économique et aspirations de la jeunesse

Le royaume affiche des résultats industriels notables, avec un secteur automobile et aéronautique en développement ainsi qu’une production de phosphate parmi les premières mondiales. Les grands chantiers d’infrastructures, ports et lignes ferroviaires, ont également transformé le paysage économique du pays ces dernières années.

Ce dynamisme contraste avec la situation de l’emploi chez les jeunes générations, où le taux de chômage frôle les 40 %. Une part significative des Marocains de moins de 30 ans, estimée à environ trois millions, ne travaille pas, n’étudie pas et ne suit aucune formation. Le pays perd chaque année environ 60 000 habitants au profit de l’étranger, un mouvement qui a retiré plus de quatre millions de personnes à sa population depuis le milieu du XXe siècle.

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