Kémi Séba : la Russie aurait financé sa tentative d'évasion d'Afrique du Sud, selon Bloomberg

Des procureurs sud-africains accusent Moscou d’avoir payé la fuite manquée de Kémi Séba hors du territoire sud-africain. Cette allégation figure dans des documents judiciaires liés à la procédure d’extradition engagée par le Bénin, consultés par Bloomberg.

Une arrestation en pleine tentative de fuite

L’activiste panafricaniste, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, a été interpellé le 14 avril à Pretoria, en compagnie de son fils et de François van der Merwe, dirigeant du mouvement identitaire afrikaner Bittereinders. Selon les documents cités par Bloomberg, le trio s’apprêtait à franchir illégalement le fleuve Limpopo pour rejoindre le Zimbabwe. Des policiers se seraient fait passer pour des agents de sécurité privée recrutés par van der Merwe afin d’intercepter le groupe. D’après une source policière relayée par l’AFP, van der Merwe aurait perçu 250 000 rands pour organiser cette traversée. Les procureurs affirment que cette somme trouverait son origine du côté russe.

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Deux figures que tout semblait opposer

L’affaire associe deux profils idéologiquement opposés. Séba, né franco-béninois et déchu de sa nationalité française en 2024, s’est bâti une audience de plus d’1,5 million d’abonnés en défendant un discours anti-occidental et proche des juntes militaires du Sahel. Van der Merwe, âgé de moins de trente ans, a fondé en 2021 les Bittereinders, mouvement se réclamant des combattants boers de la seconde guerre anglo-boer (1899-1902), dont la devise reste un avenir pour notre peuple.

Les procureurs relèvent que les deux hommes entretiendraient des connexions distinctes avec la Russie. Van der Merwe s’était rendu à Moscou en septembre 2024 pour rencontrer une organisation liée à l’oligarque Konstantin Malofeev, visé par des sanctions occidentales. Séba, de son côté, avait déjà été entendu par la DGSI à Paris en octobre 2024 pour soupçons d’intelligence avec une puissance étrangère, avant d’être relâché sans poursuites.

Un précédent connu depuis 2023

Une enquête conjointe de Jeune Afrique, Arte et Die Welt avait révélé que le groupe paramilitaire Wagner, dirigé par Evgueni Prigojine, avait financé à hauteur de 440 000 dollars les activités de l’ONG de Séba, Urgences panafricanistes, entre 2018 et 2019. Prigojine est mort en août 2023 dans un accident d’avion.

Le Bénin réclame l’extradition de Séba après un putsch manqué survenu en décembre 2025, pour lequel il est soupçonné d’avoir appelé à la rébellion sur les réseaux sociaux. Sa demande d’asile politique en Afrique du Sud reste pendante. L’audience d’extradition, déjà reportée à deux reprises, a repris le 11 août à Pretoria.

L’Afrique du Sud est membre des BRICS et entretient des relations diplomatiques étroites avec Moscou. Ce dossier place le pays face à une affaire impliquant un possible réseau d’influence russe sur son propre sol.

1 réflexion au sujet de « Kémi Séba : la Russie aurait financé sa tentative d'évasion d'Afrique du Sud, selon Bloomberg »

  1. Ce n’est pas du tout étonnant que la Russie ait financé la tentative d’évasion de Semi Kebab.
    Elle a aussi financé la tentative de putsch de Tigri l’â*ne qui avait cru bête*ment que son heure de gloire était arrivée.
    Nous sommes au Bénin et non dans l’AES.
    Pour la Russie on a déjà donné(1972 à 1991)..

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