Amibe mangeuse de cerveau : la mort de Lillian, 8 ans, relance les questions sur ce risque en eau douce

Un pince-nez peut suffire à éviter une infection presque toujours mortelle. C’est ce que rappellent les autorités sanitaires américaines après le décès de Lillian Smart, 8 ans, emportée samedi par une amibe contractée dans un lac de Louisiane.

Ce que l’on sait du cas de Lillian

La fillette de Ruston, dans le nord de la Louisiane, est morte un jour après avoir fêté son anniversaire. Une fièvre était apparue jeudi, suivie samedi d’une vision double et de pupilles asymétriques ayant conduit son transfert vers un hôpital de Shreveport. Un premier diagnostic de méningite bactérienne a ensuite été révisé au profit d’une infection à Naegleria fowleri, selon le département de la Santé de Louisiane, qui évoque une contamination probable lors d’une baignade dans le lac Claiborne. La famille a annoncé le décès sur la page Facebook « Love for Lillian », affirmant que les lésions cérébrales étaient trop sévères pour que son corps puisse s’en remettre.

Un mode de transmission précis

L’infection ne survient pas en avalant de l’eau contaminée. Elle se produit lorsque l’eau pénètre par le nez et remonte jusqu’au cerveau via le nerf olfactif, selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies. Les plongeons, les sauts dans l’eau ou le fait de remuer la vase au fond des lacs augmentent le risque, car l’amibe se concentre davantage dans les sédiments. Les premiers symptômes — maux de tête, fièvre, nausées — ressemblent à ceux d’une grippe ou d’une méningite virale, ce qui retarde souvent le diagnostic.

Les précautions recommandées avant la baignade

Les CDC conseillent de se pincer le nez ou de porter un pince-nez lors des sauts et plongeons en eau douce naturelle, de garder la tête hors de l’eau dans les sources chaudes, et d’éviter de remuer le fond des lacs et rivières. L’organisme rappelle aussi de ne jamais utiliser d’eau du robinet non stérilisée pour un rinçage nasal, un geste à l’origine de plusieurs décès aux États-Unis liés à des réseaux d’eau potable insuffisamment chlorés, notamment dans la paroisse de Saint-Bernard en 2013.

L’amibe prolifère dans les eaux stagnantes ou à faible courant dépassant 25°C, un seuil de plus en plus fréquemment atteint dans des régions historiquement épargnées. Des chercheurs cités par le département de la Santé de Louisiane évoquent une extension progressive de son aire de répartition vers le nord des États-Unis, liée au réchauffement des eaux douces.

Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, la méningo-encéphalite amibienne primitive tue dans 95 % des cas et seules 11 personnes ont survécu à une infection recensée dans le monde depuis cinquante ans. Un précédent français a été documenté en 2008, lorsqu’un garçon de 9 ans est mort en Guadeloupe après s’être baigné dans un bassin alimenté par une source d’eau chaude où l’amibe avait été détectée.

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