Angélique Kidjo est devenue mardi la première artiste africaine noire à recevoir une étoile sur le Hollywood Walk of Fame. Née au Bénin, l’artiste a reçu la 2 854e étoile du célèbre boulevard, dans la catégorie Enregistrement musical.
Une cérémonie entourée de figures de l’industrie
La cérémonie s’est tenue au 7011 Hollywood Boulevard, face à l’hôtel historique Hollywood Roosevelt. L’acteur Willem Dafoe, quatre fois nommé aux Oscars et ami de longue date de Kidjo, ainsi que Harvey Mason Jr., directeur général de la Recording Academy, ont pris la parole à ses côtés. La productrice du Walk of Fame, Ana Martinez, a salué une artiste dont le talent et l’influence mondiale ont marqué plusieurs générations de public à travers les continents, selon un communiqué de la Hollywood Chamber of Commerce. À l’issue du discours, Kidjo a entonné un chant devant l’assistance, restée silencieuse pour l’écouter.
Un discours sur la dette de la musique mondiale envers l’Afrique
Kidjo a insisté sur la contribution méconnue du continent africain à la musique planétaire. Nous, les Africains, ne savons pas ce que nous avons donné au monde, et ce que nous continuons de lui donner pour que la musique existe, a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : sans nous, aucune musique n’est possible sur cette planète.
Âgée de 66 ans, la chanteuse totalise cinq Grammy Awards et dix-huit albums en plus de quarante ans de carrière. Repérée dès 1995 pour une nomination liée à son clip « Agolo », elle a remporté son premier Grammy en 2008. Trois de ses albums, « Djin Djin » (2007), « Eve » (2014) et « Logozo » (1991), ont atteint la tête du classement Billboard des musiques du monde.
Une reconnaissance vingt et un ans après une autre Africaine
L’honneur accordé à Kidjo suit une histoire particulière du Walk of Fame vis-à-vis du continent africain. L’actrice Charlize Theron, née en Afrique du Sud mais blanche, avait obtenu son étoile dès 2005 — soit vingt et un ans avant Kidjo, qui devient la première artiste noire du continent à recevoir cette distinction.
Née en 1960 dans l’ancien Dahomey, aujourd’hui le Bénin, Kidjo avait quitté son pays pour Paris en 1983, fuyant les restrictions imposées par le régime communiste alors au pouvoir. Installée ensuite à Brooklyn, elle y a enregistré une trilogie d’albums — « Oremi », « Black Ivory Soul » et « Oyaya! » — puisant dans les musiques caribéennes et sud-américaines. Son parcours l’a aussi menée au cinéma, avec une chanson coécrite pour la bande originale du film « The Woman King », aux côtés de Viola Davis. Cette distinction survient alors que la musique africaine connaît une audience internationale croissante, portée par une nouvelle génération d’artistes du continent qui gagne en visibilité sur les scènes mondiales.
