Le département du Plateau vibre de nouveau au rythme ancestral du culte Oro. Dans cette région du sud-est du Bénin, berceau de la culture Nago-Yoruba, la mi-août marque traditionnellement l’ouverture de 17 jours de célébrations intenses. De Kétou à Sakété, en passant par Pobè, Ifangni et Adja-Ouèrè, les communautés se rassemblent pour honorer cette divinité tutélaire, garante de la purification sociale, de l’expulsion des mauvais esprits et du maintien de la paix.
Tradition éminemment sacrée, le Oro n’est ni un divertissement ordinaire ni un simple spectacle folklorique. Rite de régulation spirituelle et sociale, il impose des prescriptions strictes transmises de génération en génération. Durant les périodes consacrées, l’accès aux forêts sacrées et aux itinéraires réservés demeure strictement encadré : les femmes, les enfants et les non-initiés doivent impérativement observer le confinement coutumier aux heures prescrites. Les dignitaires n’ont d’ailleurs pas manqué de rappeler la sacralité de l’événement par un message clair : le Oro exige respect, retenue et rigueur, car ce qui relève du sacré ne saurait être traité comme un jeu.
Un encadrement administratif renforcé pour préserver la paix civile
Afin d’assurer une cohabitation harmonieuse entre liberté religieuse, tranquillité publique et préservation des traditions, les autorités administratives du Plateau ont pris les devants. Le préfet du département, Délonix Kogblévi, a orchestré une série de séances de travail réunissant les maires des cinq communes, les responsables de la Police républicaine et les hauts dignitaires du culte. Cette concertation préventive visait à définir les contours d’une célébration sécurisée et apaisée.
En application de ces orientations, la mairie de Sakété a promulgué un arrêté municipal fixant un cadre strict aux manifestations sur son territoire du 16 août au 7 septembre. Les sorties nocturnes du Oro y sont rigoureusement circonscrites de 00h à 04h certains jours précis, tandis que toute manifestation demeure formellement interdite dans les villages de Takon Centre. Pour prévenir tout dérapage, l’arrêté bannit les provocations, le vandalisme, l’usage d’armes blanches, de gourdins, d’armes à feu ainsi que les bouteilles en verre.
L’accent a également été mis sur la liberté de culte des autres confessions. Des plages de quiétude sont aménagées les vendredis et dimanches matin pour permettre l’exercice des prières chrétiennes et musulmanes. La clôture définitive des festivités sur toute la commune de Sakété sera marquée du 5 au 7 septembre par la cérémonie coutumière du Efé. Sur le terrain, l’engagement de la jeunesse s’illustre par la mobilisation de creusets d’initiés, engagés aux côtés de la police dans une démarche de coproduction de la sécurité et de sensibilisation au civisme.
Mobilisation politique et ferveur institutionnelle aux côtés des dignitaires
Le lancement officiel des cérémonies a rassemblé d’importantes figures publiques et locales. À la forêt sacrée « Igbo Oro Oyingbo » d’Oko-Akaré, dans la commune d’Adja-Ouèrè, le directeur départemental de la culture, César Godonou, aux côtés du maire Cyrille Adégbola, a salué les efforts gouvernementaux en matière de valorisation du patrimoine matériel et immatériel.
L’événement a également suscité un fort élan de solidarité au sein de la classe politique. Les représentants de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) se sont déployés à travers l’ensemble des communes du département pour affirmer leur proximité avec les gardiens de la tradition. De leur côté, les élus du Bloc Républicain (BR) se sont fortement impliqués lors des cérémonies d’ouverture. À la forêt sacrée d’Ita Atinga à Pobè, l’Honorable Adjibadé Moukaram Koussonda a rappelé devant les Adjanan (responsables du culte) la portée spirituelle de ces prières dédiées à la stabilité du pays. Simultanément, à Odomèta dans la commune de Kétou, une délégation représentant l’Honorable Titilayo Adjaï a renouvelé le soutien de l’élue aux dignitaires du village de Bolorounfè et des localités environnantes.
Alliant ferveur spirituelle, responsabilité citoyenne et consensus institutionnel, la célébration du culte Oro dans le Plateau démontre une nouvelle fois la capacité des communautés béninoises à faire vivre leur héritage ancestral dans le respect des lois de la République.




Dans l’arrière de la photo, je vois une femme parmi eux. S’il y en a de femmes dans leurs rangs, pourquoi terrorisent-ils les femmes au Sud et au centre du Bénin, en leurs interdisantde sortir, pendantleursactivitésde sorties.