Au Burkina Faso, 18 manifestations culturelles et récréatives jugées contraires aux bonnes mœurs ont été interdites par les autorités. Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCCAT) a exigé, ce vendredi 7 août 2026, que les promoteurs concernés cessent leurs préparatifs, selon une information relayée par l’Agence d’information du Burkina (AIB).
Une liste de 18 événements concernés
Les manifestations visées devaient se tenir principalement à Ouagadougou, mais aussi à Loumbila et à Bobo-Dioulasso. Parmi elles figurent The Out Side, Golden Moment, Young Day, Tropical Summer, Ouaga Show Piscine Party, Happy Run Blue Ouaga, The Chill and Barbecue, Afro Trap-Crazy, All White Party, Urban Vibes, Ouaga Summer, Sun and Fun-Kam City, Ouaga Plage, Top Vacances, Infinity Moment, Ouaga Fiesta, Ouaga Vibes et Festy Luchas. Ces rendez-vous étaient portés par différents promoteurs et structures événementielles indépendantes les uns des autres.
Selon le ministère, ces manifestations seraient incompatibles avec les valeurs culturelles défendues dans le cadre de la Révolution progressiste populaire, doctrine officielle adoptée par les autorités de transition dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré depuis septembre 2022. Les autorités estiment que ces événements risqueraient de porter atteinte à la moralité publique, à l’ordre public et à la protection des mineurs.
Des sanctions graduées en cas de refus
Le ministère a averti que les promoteurs qui ne se conformeraient pas aux mises en demeure s’exposeraient à des mesures administratives destinées à faire cesser leurs activités. L’éventail des sanctions prévues par les textes en vigueur irait de l’avertissement au retrait d’autorisation, en passant par l’amende, jusqu’à l’interdiction pure et simple d’exercer une activité artistique ou une profession connexe.
Un tour de vis engagé depuis plusieurs mois
Cette décision confirme une tendance amorcée dès le printemps. Le 25 mai 2026, le MCCAT avait déjà annoncé un renforcement du contrôle des productions et prestations artistiques jugées contraires aux bonnes mœurs, en s’appuyant sur la loi n°004-2025/ALT du 27 mars 2025 relative au statut de l’artiste. L’article 32 de ce texte interdit toute promotion d’œuvres portant atteinte à l’ordre public et aux bonnes mœurs.
Le secteur culturel burkinabè avait pourtant connu, sur la même période, plusieurs réformes structurelles présentées comme positives par les autorités : création de l’Agence burkinabè de la Cinématographie et de l’Audiovisuel fin 2024, adoption d’une loi sur l’organisation du cinéma, ou encore inscription de la Cour royale de Tiébélé au patrimoine mondial de l’UNESCO. La suspension des 18 événements marque, elle, un resserrement sur les manifestations à caractère festif et récréatif, jusque-là moins ciblées que les productions artistiques et audiovisuelles.



