Côte d’Ivoire : face aux dégâts de l’orpaillage illégal, un député propose une mesure radicale

La suspension de toute exploitation aurifère en Côte d’Ivoire pendant cinq ans a été proposée mercredi 19 août 2026 par le député Léandre Koffi. L’élu souhaite que cette interruption concerne les activités clandestines comme les exploitations autorisées, alors que les opérations contre l’orpaillage illégal se poursuivent dans plusieurs régions du pays.

Cette proposition intervient après plusieurs mois d’interventions des forces de sécurité et des alertes sur les conséquences environnementales de l’extraction clandestine. Selon Fraternité Matin, Léandre Koffi considère qu’une interruption temporaire donnerait aux autorités le temps de revoir l’organisation du secteur et d’engager la restauration des zones affectées.

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Des milliers de sites clandestins ciblés depuis 2021

Les données communiquées par les autorités donnent une indication de l’étendue des activités clandestines. Lors d’une réunion présidée le 23 juillet 2026 par le président Alassane Ouattara, le Conseil national de sécurité (CNS) a présenté les résultats des interventions réalisées depuis la création, en 2021, du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal.

Depuis cette date, les forces engagées dans cette lutte ont mené des opérations sur plus de 8 500 sites clandestins, selon le CNS. Au total, 4 474 personnes ont été déférées devant la justice et les ressortissants étrangers représentaient 65 % de cet effectif. Les autorités font également état d’environ 136 kilogrammes d’or récupérés et de saisies financières dépassant 960 millions de francs CFA.

Les interventions ont continué en 2026. Durant les sept premiers mois de l’année, la Gendarmerie nationale a annoncé avoir évacué 1 114 sites et interpellé 1 531 personnes. Le matériel récupéré comprend plusieurs milliers de motopompes, 59 pelleteuses ainsi que des centaines de groupes électrogènes et de motocyclettes. Les gendarmes indiquent aussi avoir saisi 4,41 kg d’or et 255 barres de dynamite.

Des terres dégradées à restaurer

La lutte ne se limite pas aux opérations menées contre les exploitants clandestins. En février 2026, les autorités ont lancé à Daoukro une composante de l’Abidjan Legacy Program consacrée aux terres affectées par l’orpaillage illégal. Le programme associe cartographie des espaces dégradés, reboisement et agroforesterie, avec un objectif de 4 500 hectares restaurés à l’horizon 2030.

La préservation des terres concerne directement un secteur important de l’économie ivoirienne. D’après des données gouvernementales publiées en juin 2026, l’agriculture génère environ 17 % de la richesse nationale. Elle représente également quatre emplois sur dix et une proportion similaire des exportations du pays.

Une suspension qui toucherait aussi les mines autorisées

Le moratoire défendu par Léandre Koffi irait au-delà des mesures actuellement appliquées contre les sites clandestins. Une suspension générale concernerait également l’industrie aurifère légale, dont la production a progressé ces dernières années.

Le Plan national de développement 2026-2030 indique que la production industrielle d’or s’établissait à 58,404 tonnes en 2024. Les projections publiques retiennent 63,525 tonnes pour 2026 et 81,516 tonnes à l’horizon 2030. Le document recensait également 20 mines industrielles en activité en 2024.

La proposition du député reviendrait donc à interrompre temporairement une activité dont les autorités prévoient actuellement l’expansion. Aucune décision gouvernementale instaurant une suspension nationale de cinq ans de l’exploitation aurifère n’a été annoncée à ce stade.

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