Les prochaines confrontations judiciaires entre Jacques Moretti et son épouse dans le dossier du Constellation ne devraient plus suivre le même scénario. Les deux prévenus avaient jusqu’ici livré un récit similaire aux enquêteurs sur les circonstances de l’incendie du 1er janvier ; leur nouvelle situation personnelle pourrait rompre cet alignement, selon des informations rapportées par la RTS.
Une détention qui change la donne
Le gérant du bar de Crans-Montana est incarcéré depuis près de deux semaines pour des soupçons de violences sur son épouse Jessica. L’épisode se serait produit dans la nuit du 11 au 12 août à leur domicile du canton du Valais, où celle-ci aurait subi des blessures ayant justifié son hospitalisation. Cette procédure, juridiquement indépendante de celle liée à l’incendie, pourrait rejaillir sur son déroulement : le couple, jusqu’alors uni dans sa version des faits, risquerait de défendre désormais des positions divergentes lors de futurs interrogatoires.
Les avocats des deux époux, Yaël Hayat, Nicola Meier et Patrick Michod, ont cherché à distinguer les deux affaires dans un communiqué diffusé dimanche : « ces faits, instruits au sein d’une procédure distincte, relèvent exclusivement de leur vie intime ». Ils ajoutent que cet épisode s’ajoute à « une épreuve particulièrement intense » traversée par le couple depuis le drame.
Seize personnes visées par l’enquête
Jacques Moretti et son épouse comptent parmi les seize personnes mises en cause dans le dossier de l’incendie, à l’origine de 41 décès et 115 blessés lors de la nuit du Nouvel An. L’ensemble des prévenus doit répondre d’homicide, de lésions corporelles graves et d’incendie, le tout par négligence. La piste privilégiée par les enquêteurs reste celle de cierges scintillants ayant embrasé une mousse d’isolation phonique fixée au plafond de l’établissement, dont la dernière inspection remontait à 2019.
Le patron du Constellation avait déjà connu la prison dans ce dossier : incarcéré le 9 janvier en raison d’un risque de fuite jugé avéré par la justice valaisanne, il avait recouvré la liberté deux semaines plus tard contre une caution de 200 000 francs suisses. Cette sortie avait provoqué une vive réaction des familles endeuillées et du gouvernement italien, dont six ressortissants figuraient parmi les victimes.
Une instruction toujours en cours
Aucune mise en accusation formelle n’a pour l’instant été prononcée dans le volet lié à l’incendie. Les autorités du Valais n’ont communiqué aucun calendrier pour la poursuite des auditions des seize prévenus. Selon la chaîne genevoise Léman Bleu, à l’origine des révélations sur cette nouvelle incarcération, Jacques Moretti ne comptait aucun antécédent connu pour des faits de cette nature avant l’épisode du 11 août.