Depuis son exil à Moscou, Bachar al-Assad condamné à mort par la justice syrienne

Une cour pénale de Damas a prononcé mardi la peine capitale contre l’ex-président déchu Bachar al-Assad, jugé en son absence. Le verdict, rendu par la quatrième chambre criminelle, vise également son frère cadet Maher al-Assad et plusieurs anciens responsables du régime, poursuivis pour des actes commis pendant les treize années de guerre civile.

Les magistrats ont retenu les qualifications de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, incluant des faits « d’assassinat avec préméditation » et de « torture ayant entraîné la mort », selon les termes du jugement. À l’issue d’une audience retransmise à la télévision d’État, le juge Fakhr al-Din al-Aryan a prononcé la sentence : « il est donc condamné à mort ».

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Un asile négocié dans la panique de la chute du régime

L’ex-dirigeant syrien a quitté précipitamment Damas dans la nuit du 7 au 8 décembre 2024, à bord d’un avion, tandis que les combattants de Hayat Tahrir al-Cham progressaient vers la capitale. Selon plusieurs récits de presse, la fuite aurait été anticipée quelques jours plus tôt : le journaliste Georges Malbrunot a rapporté qu’Assad se serait rendu à Moscou pendant la bataille d’Alep, où le président russe Vladimir Poutine se serait montré réticent à engager un soutien militaire supplémentaire mais prêt à organiser une exfiltration si nécessaire.

L’arrivée d’Assad et de sa famille en Russie a été confirmée le lendemain par les agences de presse d’État Tass et RIA Novosti, citant une source du Kremlin évoquant un accueil motivé par des raisons humanitaires. Le porte-parole présidentiel Dmitri Peskov a par la suite précisé que le choix revenait directement à Poutine, tout en écartant toute perspective de rencontre entre les deux hommes et en refusant de préciser le lieu de résidence de l’ex-dictateur.

Cet accueil s’appuie sur une alliance ancienne : depuis 2015, l’aviation russe était intervenue militairement pour empêcher l’effondrement du régime syrien, en échange notamment d’un accès prolongé aux bases de Hmeimim et de Tartous — des installations dont le statut fait aujourd’hui l’objet de nouvelles négociations avec Damas.

Une peine sans portée pratique à ce stade

En l’absence de traité d’extradition entre les deux pays, la sentence ne peut être exécutée tant qu’Assad demeure sur le sol russe, où il mène une existence discrète depuis vingt mois.

Ce procès, ouvert en avril après l’engagement des autorités de transition à juger les crimes du précédent pouvoir, constitue la première condamnation visant des figures de l’ancien régime. Seul accusé à avoir comparu physiquement, l’ex-chef de la sécurité politique de DeraaAtef Najib, a également été condamné à mort ; les juges ont souligné qu’il avait contesté l’ensemble des faits reprochés.

La suite de la procédure judiciaire

D’autres poursuites visant des responsables de l’appareil sécuritaire de l’ancien régime devraient suivre, alors que des manifestations réclamant une accélération de la justice transitionnelle s’étaient tenues en juin dans plusieurs villes syriennes. Aucune démarche officielle d’extradition n’a pour l’heure été engagée par Damas auprès de Moscou.

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