Israël ne valide pas le plan de désarmement du Hamas dévoilé par le président américain Donald Trump. Ce lundi, les autorités israéliennes ont confirmé avoir transmis leurs réserves à Washington, estimant que le contenu rendu public ne correspondait pas à leur position officielle.
Le porte-parole du gouvernement israélien, Doron Spielman, a indiqué que l’État hébreu avait adressé aux responsables américains ses « commentaires et inquiétudes » sur le dispositif proposé. Selon lui, les informations recueillies par les services de renseignement montrent que le Hamas aurait renforcé ses effectifs et reconstitué une partie de son arsenal depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu annoncé en octobre 2025.
Le plan divise sur les conditions du désarmement
La principale divergence porte sur les modalités du désarmement. D’après les éléments communiqués, le Hamas continue de défendre une remise progressive de ses armes à une instance indépendante après un éventuel accord de paix. Cette approche ne répond pas aux attentes israéliennes, qui réclament des garanties plus strictes avant toute évolution politique ou sécuritaire.
Les autorités israéliennes estiment ainsi que la version diffusée du plan ne prend pas suffisamment en compte leurs préoccupations. Elles considèrent que les risques de reconstitution des capacités militaires du mouvement islamiste restent élevés tant que des mécanismes jugés fiables ne sont pas définis.
Dans le même temps, les opérations militaires se poursuivent dans la bande de Gaza. Les autorités sanitaires locales et les services de secours ont fait état d’au moins treize morts dimanche dans des frappes israéliennes. L’armée affirme avoir visé des combattants et des infrastructures du Hamas, une version régulièrement contestée par des sources présentes sur le terrain.
Une alliance solide, mais des désaccords persistants
Ce nouvel épisode intervient alors que les États-Unis demeurent le principal soutien international d’Israël. Les deux pays entretiennent une coopération étroite dans les domaines militaire, sécuritaire et diplomatique, avec une aide américaine qui se chiffre en plusieurs milliards de dollars chaque année. Cette proximité n’empêche toutefois pas l’apparition de désaccords lorsque les autorités israéliennes jugent que certaines initiatives américaines pourraient affecter leur sécurité.
Depuis le début de la guerre déclenchée après l’attaque menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, Washington a soutenu son allié tout en multipliant les initiatives diplomatiques pour tenter d’obtenir un cessez-le-feu durable et une solution pour l’après-conflit. Les réserves exprimées par Israël à l’égard du plan présenté par Donald Trump illustrent les difficultés persistantes à rapprocher les positions des différents acteurs sur les conditions d’un règlement du conflit.
Les discussions restent ainsi ouvertes entre les deux partenaires, tandis que les questions du désarmement du Hamas, de la sécurité d’Israël, de l’avenir politique de Gaza et de la libération des otages continuent de figurer parmi les principaux obstacles à un accord durable.


