Un pari public sur l’avenir du Groenland a reçu l’aval de Donald Trump le 30 juillet 2026. Interrogé par téléphone sur la chaîne America’s Voice à propos d’une prédiction annonçant un contrôle opérationnel américain sur le territoire arctique avant la fin de son mandat, le président américain a répondu à son interlocuteur : “vous auriez raison si vous preniez ce pari, vous devriez vraiment le faire”.
Un dossier tendu depuis janvier
Trump avait qualifié la prise de contrôle du Groenland de nécessité absolue au début de l’année, avant d’évoquer, le 24 janvier, un projet de bases souveraines américaines sur le territoire danois. Un cadre avait ensuite été annoncé le 21 janvier avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, sans qu’aucun contour concret n’ait été rendu public depuis.
Début juillet, en marge d’un sommet de l’Alliance en Turquie, Trump avait relancé la controverse en affirmant que le dossier groenlandais avait “nui à sa relation avec l’OTAN”, tout en réaffirmant que le territoire “devrait être contrôlé par les États-Unis, et non par le Danemark”. Il avait alors évoqué la possibilité de retirer les troupes américaines stationnées en Europe.
Nuuk et Copenhague maintiennent leur position
Face à ces déclarations répétées, les autorités groenlandaises et danoises n’ont pas varié. Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen avait affirmé en janvier, après une précédente sortie de Trump sur le sujet, que le territoire ne décide que de son propre avenir et n’appartient à personne d’autre. La Première ministre danoise Mette Frederiksen avait de son côté averti qu’une intervention militaire américaine sur l’île signerait la fin de l’OTAN. Le marché de prédiction Kalshi, qui évalue la probabilité d’une prise de contrôle américaine d’une partie du Groenland avant la fin du mandat de Trump, situe cette probabilité autour de 40%, contre 20% à la mi-2025.
Un précédent historique invoqué par Trump
Trump s’est appuyé à plusieurs reprises sur un argument historique pour justifier ses ambitions : le Danemark, occupé par l’Allemagne nazie en moins d’une journée en 1940, aurait alors demandé aux États-Unis de prendre en charge la protection du Groenland — un épisode qu’il utilise pour suggérer que la rétrocession du territoire au Danemark après-guerre aurait été une erreur.
Le Groenland, territoire autonome du royaume du Danemark depuis 1979, compte environ 56 000 habitants et abrite la base spatiale américaine de Pituffik, dans le nord-ouest de l’île. Sa position stratégique en Arctique, entre la Russie, le Canada et les routes maritimes polaires, ainsi que ses réserves minérales, alimentent depuis 2019 les convoitises répétées de Trump, qui avait déjà évoqué un rachat pur et simple du territoire lors de son premier mandat.
