DPG du 1er septembre : la nouvelle bataille entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko

Le député Saliou Ndione accuse l’exécutif d’avoir sciemment brouillé le calendrier de la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre. Dans une sortie diffusée ce vendredi, l’élu de Pastef parle d’une « manœuvre délibérée pour différer la Déclaration de politique générale » et en faire porter la responsabilité à l’Assemblée nationale.

Le décret n° 2026-1530, signé le 24 août par le président Bassirou Diomaye Faye, convoque l’Assemblée nationale en session extraordinaire à partir du 1er septembre à 10 heures. Un seul point figure à l’ordre du jour, la DPG du chef du gouvernement Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô, mais aucune date précise n’est fixée pour la tenue effective de cet exercice.

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Un député de la majorité qui vise son propre camp

Fait rare, l’attaque ne vient pas de l’opposition. Élu sous la bannière Pastef en novembre 2024 puis reconduit à la coordination de la Jeunesse patriotique sénégalaise, Ndione siège aux commissions des Finances et de l’Éducation de l’Assemblée. Il reproche au Premier ministre d’avoir « communiqué sur la date sans respecter les formes » et met en doute la compétence de ses services juridiques à avoir validé la procédure suivie.

Le parlementaire invite par ailleurs le chef de l’État à se recentrer sur les urgences sociales plutôt que sur des querelles de calendrier institutionnel, qu’il qualifie de coups d’épée dans l’eau.

Le Bureau de l’Assemblée nationale recadre la procédure

En réponse aux confusions constatées autour du texte, le Bureau de l’institution parlementaire a publié ce vendredi 28 août un communiqué précisant le déroulé des opérations. Il y rappelle que la session ordinaire unique 2025-2026 s’est achevée le 30 juin, rendant la convocation en session extraordinaire une prérogative exclusive du président de la République, conformément à l’article 63 de la Constitution et à l’article 7 du Règlement intérieur.

Sur ce point précis, le Bureau contredit donc l’angle défendu par Saliou Ndione : le décret présidentiel a bien été pris dans les formes constitutionnelles. La contestation porte en réalité sur l’absence de date arrêtée pour la DPG elle-même à l’intérieur de la session. Une convocation signée le même jour par le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, confirme cette lecture : les députés sont attendus en séance plénière le mardi 1er septembre à 10h00, avec pour seul point à l’ordre du jour l’ouverture de la deuxième session extraordinaire de l’année 2026, et non la DPG elle-même. Le délai réglementaire de huit jours ne commencera à courir qu’à partir de cette ouverture.

Un exercice institutionnel régulier mais tendu

La DPG reste un rendez-vous obligé sous la Constitution sénégalaise depuis les réformes de 2019 réinstaurant le poste de Premier ministre. L’ancien chef du gouvernement, Ousmane Sonko lui-même, avait prononcé sa DPG devant les députés selon un calendrier fixé sans ambiguïté, contrairement à l’épisode actuel. La session extraordinaire d’août 2025, consacrée notamment à la loi sur la déclaration de patrimoine, s’était en revanche déroulée sans polémique sur les délais. La date effective de la Déclaration de politique générale d’Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô reste, à ce stade, à confirmer par l’Assemblée nationale.

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