Drogue : une ministre démissionne après l'arrestation de son mari accusé de trafic

À Maurice, le poste de ministre déléguée aux Arts et à la Culture est désormais vacant. Véronique Leu-Govind a remis sa démission ce lundi 3 août, cinq jours après l’arrestation de son époux, Gulshan Govind, 42 ans, dans une affaire de présumé trafic de cannabis entre l’île et La Réunion.

Une double démission annoncée le même jour

L’élue a également renoncé à la présidence des Nouveaux Démocrates, parti qu’elle avait cofondé en avril 2024. Dans une lettre adressée au comité exécutif national de la formation, elle évoque un « cadre personnel et familial particulièrement difficile » et affirme vouloir préserver l’image et le fonctionnement du parti. Elle conserve son siège de députée de la circonscription n°14 (Savanne–Rivière-Noire). Le parti, dans un communiqué, salue le « courage » et la « dignité » dont elle aurait fait preuve.

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Le Premier ministre Navin Ramgoolam a confirmé la démission lors d’une déclaration à la State House, en marge de l’assermentation de deux nouveaux ministres délégués. Il a précisé qu’aucune preuve ne mettait en cause la députée à ce stade et qu’elle demeurait couverte par la présomption d’innocence. Il a également indiqué qu’aucun remplaçant ne serait nommé dans l’immédiat au ministère délégué aux Arts et à la Culture.

Une enquête née d’une saisie à La Réunion

L’affaire trouve son origine dans la découverte de près de 100 kilos de cannabis à Bras-Panon, le 26 juillet, ayant conduit à deux arrestations sur l’île sœur. Les investigations ont ensuite mené les enquêteurs mauriciens jusqu’au domicile du couple, à Case-Noyale, où une perquisition a permis de saisir quatre plants de cannabis et une fiole de méthadone. Gulshan Govind fait désormais l’objet de trois accusations provisoires : complot en vue d’importer du cannabis, culture de cannabis et possession de drogue dangereuse. Selon des informations relayées par la presse locale, les enquêteurs s’intéresseraient aussi à l’usage du téléphone portable de la députée elle-même.

Ce développement ravive le souvenir d’une précédente affaire familiale : en avril 2023, le frère de Véronique Leu-Govind, Benjamin Leu, avait été condamné à trois ans de prison après son arrestation à La Réunion dans un autre dossier de stupéfiants.

L’opposition réclame le départ de la députée

La démission ministérielle n’a pas éteint la pression politique. Le chef de l’opposition, Joe Lesjongard, a déposé ce mardi 4 août une Motion of Privilege à l’Assemblée nationale, exigeant que la députée renonce également à son mandat parlementaire. Il justifie sa démarche par la perquisition menée au domicile et dans un véhicule immatriculé au nom de l’élue, où des substances suspectées d’être des stupéfiants auraient été retrouvées. Le PMSD, ancienne formation de Véronique Leu-Govind, avait réclamé sa révocation dès l’annonce de l’arrestation de son mari, fin juillet.

Fondés en avril 2024 par d’anciens cadres du PMSD, les Nouveaux Démocrates avaient rejoint l’Alliance du changement avant de décrocher trois sièges lors de la victoire électorale de novembre 2024, qui avait porté Navin Ramgoolam au pouvoir.

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