Starlink : Elon Musk refuse l'accès à l'Ukraine pour viser la Russie

Aucune frappe ukrainienne guidée par Starlink contre des lanceurs russes n’a été autorisée à ce jour. Elon Musk maintient son refus de laisser l’Ukraine utiliser son système satellitaire pour cibler des positions militaires en Russie, selon des sources proches du dossier citées le 7 août par The Atlantic.

Un blocage malgré les tentatives de contact

Un proche de Mykhaïlo Fedorov, ancien vice-Premier ministre chargé de la Transformation numérique et récemment écarté de ses fonctions au ministère ukrainien de la Défense, affirme que le milliardaire répète qu’il est temps de conclure un accord. Fedorov, considéré comme l’un des principaux artisans du rapprochement entre Kiev et SpaceX depuis 2022, a tenté à plusieurs reprises de joindre Musk par des canaux détournés pour faire avancer le dossier. Une source proche des discussions citée par The Atlantic a néanmoins précisé, le 5 août, qu’aucune décision positive n’avait été prise à cette date.

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Les échanges entre les deux hommes porteraient régulièrement sur le risque d’escalade que ferait courir la Russie en cas d’élargissement de l’usage militaire de Starlink. Musk considérerait que le moment est déjà venu de négocier la paix plutôt que d’intensifier les capacités offensives ukrainiennes.

Une demande formulée directement à la Maison-Blanche

Ce refus fait suite à une démarche engagée par Volodymyr Zelensky auprès de Donald Trump. Lors d’un entretien à huis clos à la Maison-Blanche le 28 juillet, le président ukrainien avait sollicité l’intervention personnelle de Trump auprès de Musk, dans l’espoir d’obtenir un feu vert pour guider des drones vers des lanceurs mobiles de missiles balistiques russes. Jusqu’ici, SpaceX limite l’usage de Starlink au territoire ukrainien et aux zones occupées comme la Crimée, en bloquant systématiquement toute connexion depuis le sol russe.

Trump avait alors indiqué qu’il évoquerait la question avec Musk, sans formuler d’engagement précis. Kiev avait également proposé, en solution alternative, un accès au réseau militaire Starshield, une autre technologie satellitaire développée par SpaceX, jugée toutefois plus coûteuse et plus complexe à intégrer aux drones déjà opérationnels.

Le cadre d’une dépendance stratégique

L’épisode ravive la question de la dépendance ukrainienne envers l’infrastructure de Musk. Starlink avait été activé en Ukraine dès février 2022, quelques jours après le début de la guerre, avec l’envoi de plusieurs milliers de terminaux financés en partie par des gouvernements occidentaux. Le réseau est depuis devenu un pilier des communications militaires ukrainiennes, ce qui accentue le poids des décisions unilatérales de son propriétaire sur la conduite des opérations.

Le refus actuel de Musk intervient alors que Kiev cherche des solutions pour préserver ses stocks limités de missiles Patriot, en misant sur des frappes de précision plutôt que sur la défense aérienne classique. Aucune échéance n’a été communiquée quant à une possible évolution de la position du milliardaire.

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