La France hausse le ton après des ingérences attribuées à la Russie

Trois candidats à la présidentielle française ont été visés en quelques jours par des campagnes de désinformation, a rapporté vendredi 7 août l’entourage diplomatique français. Le chef de la diplomatie, Jean-Noël Barrot, a averti sur X que Paris ne laisserait passer « aucune tentative d’ingérence étrangère » dans le scrutin à venir.

Trois personnalités ciblées en une semaine

Une rumeur infondée sur l’état de santé aurait circulé au sujet d’Édouard Philippe. Une accusation de corruption journalistique a également visé la compagne de Raphaël Glucksmann, la journaliste Léa Salamé, soupçonnée à tort d’avoir orienté des rédactions en faveur de son conjoint. Un troisième récit, tout aussi invérifié, prêtait à Gabriel Attal les symptômes d’une maladie neurodégénérative. Ces trois opérations, distinctes dans leur forme mais concentrées sur une même semaine, seraient attribuées à des réseaux prorusses. Sur RTL, Attal a dénoncé une tentative visant, selon ses mots, à « voler » le scrutin aux Français.

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Une riposte formulée en réponse à Mélenchon

La sortie du ministre intervient après une charge de Jean-Luc Mélenchon, qui avait jugé jeudi soir que la présidentielle française tournait à l' »open bar pour tous les manipulateurs du monde« , critiquant au passage la fermeté du gouvernement sur ce dossier. Barrot a répondu que la question des ingérences étrangères était trop sérieuse pour servir de prétexte à une charge qu’il a qualifiée d’infondée.

Barrot a par ailleurs distingué l’ingérence caractérisée de la simple expression d’une opinion politique par un responsable étranger, précisant que cette dernière ne constitue pas en soi une manipulation du débat public. Cette nuance visait indirectement une passe d’armes entre la cheffe des Écologistes Marine Tondelier et le patron du réseau social X, Elon Musk, qui l’avait accusée de « trahison » après qu’elle a proposé de suspendre la plateforme pendant la campagne en cas d’ingérences avérées.

Un précédent qui remonte à 2017

L’affaire des MacronLeaks, survenue deux jours avant le second tour de la présidentielle de 2017, avait déjà mis en évidence la vulnérabilité des campagnes françaises face au piratage informatique : plus de 20 000 courriels de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron avaient alors été rendus publics par des pirates non identifiés à l’époque. La France a officiellement attribué cette opération, ainsi que la cyberattaque contre TV5 Monde de 2015, au renseignement militaire russe en avril 2025.

Face aux nouvelles attaques constatées cette semaine, la droite et l’extrême droite sont restées silencieuses, tandis que la gauche et le centre réclament des mesures concrètes de protection du scrutin, qui doit se tenir au printemps 2027.

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