Les stocks américains de missiles longue portée sont quasiment épuisés après cinq mois de guerre contre l’Iran. Trois sources proches du dossier ont indiqué à Reuters que l’armée américaine avait consommé la quasi-totalité de ses Army Tactical Missile Systems (ATACMS) et de ses Precision Strike Missiles (PrSM).
Washington n’a pour l’instant communiqué aucun chiffre précis sur le nombre d’unités restantes. Ces munitions, dont le coût unitaire dépasse le million de dollars, servent à frapper des cibles à distance de sécurité et forment un pilier de la puissance de feu terrestre américaine.
Un stock de croisière Tomahawk également réduit de moitié
La marine américaine aurait par ailleurs entamé près de la moitié de son stock mondial de missiles Tomahawk depuis le déclenchement du conflit, selon l’une des sources citées par Reuters. L’agence précise ne pas avoir pu confirmer ce chiffre de façon indépendante.
Le Tomahawk, tiré depuis des destroyers, des croiseurs ou des sous-marins, sert traditionnellement à la marine américaine pour atteindre des sites protégés sans engager d’appareils pilotés. Deux des trois sources affirment que les niveaux constatés correspondent aux données internes du Pentagone, même si celles-ci restent non publiques.
Des signaux déjà visibles dans les stocks de défense antimissile
Ce constat fait écho à un rapport publié la semaine dernière par le Center for Strategic and International Studies (CSIS), qui estimait qu’environ 65 % des intercepteurs Patriot avaient été consommés entre février et juillet, et que les réserves d’intercepteurs THAAD avaient reculé d’au moins 38 % depuis le début du conflit. Ces deux systèmes comptent parmi les dispositifs de défense antiaérienne les plus avancés dont dispose l’armée américaine.
Raytheon, filiale du groupe RTX, a signé un accord préliminaire avec le Pentagone portant sur plusieurs années, en vue de relever ses cadences de fabrication de Tomahawk et d’autres munitions.
Une guerre menée sans validation du Congrès
Cet épuisement des stocks interroge sur la capacité de l’armée américaine à répondre à un conflit d’ampleur comparable, en particulier face à un adversaire doté d’une défense antiaérienne solide. La guerre contre l’Iran a également ravivé le débat sur les pouvoirs du président Donald Trump pour engager des opérations militaires sans validation parlementaire : aucune demande de déclaration de guerre ni d’autorisation d’usage de la force n’a été soumise au Congrès depuis le début des hostilités.
Les ATACMS, déjà livrés à l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie, avaient permis aux forces ukrainiennes de frapper des objectifs situés en territoire russe. Leur raréfaction dans les stocks américains pourrait compliquer un soutien simultané à plusieurs théâtres d’opérations, alors que Washington doit désormais concilier reconstitution de ses propres réserves et engagements envers ses alliés.



