Des lanceurs nord-coréens capables de tirer des missiles balistiques sont en cours d’installation près de la frontière ukrainienne, dans une zone russe où des aménagements ont débuté au printemps. C’est ce qu’a révélé le renseignement militaire ukrainien début août, quelques jours après des déclarations du président Volodymyr Zelensky évoquant un renfort massif de troupes venues de Corée du Nord.
Lors d’un entretien accordé au téléthon United News, le dirigeant ukrainien a affirmé que les effectifs nord-coréens attendus sur le sol russe atteindraient désormais entre 30 000 et 50 000 hommes. Il estime que cette présence dépasse le seul cadre du conflit ukrainien et pourrait, à terme, fragiliser la sécurité d’autres pays asiatiques exposés aux capacités militaires nord-coréennes.
Une coopération militaire ancienne entre Moscou et Pyongyang
Les deux capitales ont scellé un accord d’assistance militaire réciproque il y a deux ans. Depuis, Pyongyang aurait fait parvenir environ 12 000 combattants vers le secteur russe de Koursk, où l’armée ukrainienne avait mené des incursions transfrontalières. D’après les évaluations sud-coréennes, près de 2 000 de ces soldats auraient perdu la vie au combat ; à peine deux d’entre eux se trouvent aujourd’hui aux mains de Kyiv.
Le renseignement ukrainien (GUR) a par ailleurs signalé, début août, l’installation d’une formation de missiles nord-coréenne d’environ 90 hommes, intégrée à une brigade russe stationnée dans l’ouest du pays. Un premier envoi de 40 engins de type KN-23 et KN-24 aurait déjà eu lieu, dans la perspective d’une livraison totale évoquée à plus d’une centaine de missiles accompagnés de plusieurs plateformes de tir.
Zelensky a également indiqué que des munitions nord-coréennes ont été localisées sur le territoire ukrainien, preuve selon lui que Pyongyang reçoit des autorisations techniques et du matériel fournis par Moscou en retour de son engagement.
Un appel à la Corée du Sud pour renforcer la défense antiaérienne
Face à cette montée en puissance de l’axe russo-nord-coréen, le président ukrainien a sollicité un rapprochement avec la Corée du Sud. Il souhaite obtenir un appui sud-coréen sur les systèmes de défense antiaérienne, domaine où l’Ukraine manque cruellement de moyens, ainsi qu’une collaboration élargie autour des drones.
Zelensky a toutefois reconnu que Séoul reste bridée par une clause constitutionnelle encadrant l’envoi d’armements vers des zones de guerre active. Il a précisé que des discussions diplomatiques se poursuivaient entre les deux gouvernements.
Le cadre des pertes russes
Cette quête de renforts extérieurs survient alors que Moscou peine à compenser ses effectifs sur le terrain. Sur les sept premiers mois de 2026, l’armée russe aurait enrôlé environ 221 000 hommes tout en enregistrant un nombre de pertes supérieur, avoisinant les 225 000, parmi lesquelles plus de 130 000 décès selon des estimations ukrainiennes. Une source diplomatique russe a par ailleurs évoqué, auprès de la chaîne japonaise NHK, l’hypothèse d’un contingent distinct d’environ 20 000 soldats nord-coréens supplémentaires, cette fois destiné à l’est de l’Ukraine, dans la zone contestée du Donbass.
