CPI: Trump prépare le coup de grâce avec des sanctions massives inédites

Un train de sanctions inédit pourrait couper la Cour pénale internationale de l’essentiel du système financier mondial dès cette semaine. Selon des documents consultés par le Wall Street Journal et relayés dimanche par plusieurs sources, la plupart des transactions impliquant la juridiction seraient interdites après une période de transition de six à sept mois, un dispositif susceptible de bloquer son accès au dollar.

Un basculement vers l’institution entière

Jusqu’ici, la stratégie américaine ciblait des individus. Un décret signé en février 2025 par Donald Trump avait déjà entraîné le gel des avoirs et l’interdiction de visa pour plusieurs juges et responsables de la Cour, dont sa présidente Tomoko Akane. Le magistrat français Nicolas Guillou figure parmi les personnes visées depuis août de la même année, pour avoir validé les mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant. Cette fois, ce n’est plus une poignée de fonctionnaires qui serait concernée, mais l’organisation dans son ensemble — bloquant potentiellement le versement des salaires, l’achat de services informatiques ou la souscription d’assurances, selon des difficultés déjà anticipées par la direction de la Cour. Reuters confirme de son côté qu’un texte visant l’intégralité de l’institution a bien été préparé, et qu’une annonce pourrait tomber pendant la semaine de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

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Six ans d’escalade depuis l’Afghanistan

La confrontation entre Washington et La Haye ne date pas d’hier. Un premier round de sanctions avait déjà visé la procureure Fatou Bensouda en 2020, lors du premier mandat de Trump, en réaction à une enquête sur d’éventuels crimes de guerre commis par des soldats américains en Afghanistan. Ces mesures avaient ensuite été levées par l’administration Biden, avant d’être réactivées et durcies à partir de 2025 dans le sillage des mandats d’arrêt visant Netanyahu.

Des départs qui fragilisent déjà la Cour

Au-delà de la pression américaine, l’institution fait face à un mouvement d’éloignement de plusieurs de ses propres membres. La Hongrie a formalisé son retrait du Statut de Rome en novembre 2025, l’annonce ayant été faite au premier jour d’une visite officielle de Netanyahu à Budapest — le gouvernement hongrois jugeant la Cour trop orientée politiquement. Ce retrait place la Hongrie dans une catégorie restreinte : seuls le Burundi, en 2017, et les Philippines, en 2019, avaient jusqu’alors quitté la juridiction. Trois pays du Sahel — le Burkina Faso, le Mali et le Niger — ont également engagé une démarche similaire, invoquant une perte de confiance envers l’institution basée à La Haye. Ce mouvement de défections, venu tant d’Afrique que d’Europe, prive la Cour de soutiens politiques à un moment où elle doit affronter la pression financière américaine.

Une décision encore non officielle

Le département d’État américain s’est refusé à tout commentaire préalable sur d’éventuelles sanctions. Aucune liste d’entités ou de personnes visées n’a été publiée à ce stade, et le texte définitif du décret n’a pas été rendu public.

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