Dix-sept civils sont morts dans la nuit de mardi à mercredi lors d’une frappe massive russe sur Kiev et sa région. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que les livraisons de missiles antiaériens fournies par les alliés de Kiev ont chuté d’un facteur trois par rapport à 2025.
Une nuit de bombardements sans interception
Aucun des projectiles russes n’a pu être intercepté cette nuit-là, un échec rare pour une défense antiaérienne qui parvient habituellement à neutraliser la grande majorité des drones ennemis. Selon le bilan communiqué par Zelensky, l’assaut a mobilisé un total de 143 vecteurs différents : missiles balistiques, missiles de croisière et drones d’attaque. Plusieurs sites civils ont été endommagés dans la banlieue de Kiev, dont une brasserie et un centre de tri postal, ainsi que des entrepôts dans deux localités voisines. Le ministère russe de la Défense a affirmé que ces installations entretenaient des liens avec l’armée ukrainienne, une accusation non corroborée de façon indépendante. « Des intercepteurs balistiques auraient pu sauver la vie des personnes tuées aujourd’hui », a déclaré Zelensky en annonçant le bilan. Jeudi a été décrété jour de deuil national en hommage aux victimes.
Des stocks divisés par trois en un an
Zelensky a affirmé que le nombre de missiles antiaériens livrés par les partenaires occidentaux de Kiev est aujourd’hui trois fois inférieur à celui de la même période en 2025. Des données ukrainiennes publiées début août montrent que la Russie a tiré un nombre record de missiles sur l’Ukraine au cours du mois de juillet, aggravant une pénurie déjà critique en intercepteurs Patriot, seuls systèmes occidentaux capables d’abattre des missiles balistiques russes. L’ONU a recensé une hausse des pertes civiles tout au long de l’année 2026, alors que la guerre entre dans sa cinquième année sans accord de paix en vue.
Un conflit qui s’intensifie sur plusieurs fronts
Les autorités locales ont ordonné mercredi l’évacuation de centaines de familles avec enfants dans la ville de Kramatorsk, cible prioritaire des forces russes dans la région du Donetsk. Moscou a par ailleurs annoncé avoir frappé trois cargos près du port ukrainien d’Odessa, qu’elle accuse de transporter du matériel militaire. Kiev a de son côté multiplié ces derniers mois les frappes en profondeur contre les raffineries pétrolières russes, une stratégie destinée à faire monter le coût de la guerre pour Moscou. Selon le Financial Times, Washington n’envisagerait pas à ce stade de fournir de nouveaux missiles pour les systèmes Patriot à l’Ukraine, une position qui pourrait compliquer davantage les efforts de Kiev pour reconstituer ses stocks défensifs.
