Face aux USA moins fiables, Erdogan, MBS et Sharif forment leur propre bloc de défense

Un pacte de défense mutuelle a été signé le vendredi 7 août à La Mecque par trois chefs d’État musulmans sunnites. Le texte, baptisé accord de défense conjoint de La Mecque, engage l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan à se porter mutuellement assistance en cas d’agression extérieure.

Une clause d’assistance mutuelle calquée sur l’OTAN

Le document a été paraphé par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, réunis au palais Al-Safa. Selon le ministère pakistanais des Affaires étrangères, le texte prévoit une clause de solidarité automatique en cas d’agression contre l’un des signataires. Le mécanisme reprend le principe de défense collective en vigueur au sein de l’Alliance atlantique.

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À l’issue de la cérémonie, les trois dirigeants se sont rendus à la Grande Mosquée pour la prière du vendredi, entourés de responsables militaires et diplomatiques des trois délégations. La présidence turque a précisé, par la voix de son directeur de la communication Burhanettin Duran, que l’accord « ne vise aucun pays en particulier » et doit renforcer « la sécurité commune et la dissuasion collective » dans la région.

Une région sous tension depuis février

La signature intervient cinq mois après le déclenchement d’un conflit ouvert entre l’Iran et une coalition américano-israélienne, fin février. Depuis, le royaume saoudien a essuyé plusieurs frappes attribuées à Téhéran ainsi qu’à ses alliés houthis au Yémen et à des milices chiites en Irak. Une source militaire proche du dossier a indiqué à l’AFP que le projet d’accord était en discussion depuis plusieurs mois, mais que « les récents développements dans la région en ont accéléré le rythme ».

La participation turque à ce format trilatéral restait incertaine début 2026 : selon une source proche de l’armée saoudienne, Ryad excluait alors d’associer Ankara à un accord de sécurité formel. Le Pakistan et l’Arabie saoudite disposaient déjà d’un pacte de défense bilatéral signé en septembre 2025, avant l’élargissement du dispositif à la Turquie cette semaine.

Trois puissances aux profils complémentaires

L’alliance associe des atouts militaires distincts : la Turquie possède la deuxième armée permanente de l’OTAN par ses effectifs, le Pakistan reste le seul État à majorité musulmane doté de l’arme nucléaire, et l’Arabie saoudite conserve la garde des deux lieux saints de l’islam ainsi qu’un rôle central dans les exportations mondiales de pétrole. Le Premier ministre pakistanais s’était rendu à Jeddah dès jeudi, accompagné du chef d’état-major Asim Munir, pour y accomplir la Omra avant l’arrivée du président turc.

Le choix du calendrier et du lieu n’est pas neutre : la signature s’est déroulée un vendredi, jour de prière collective dans l’islam, dans la ville la plus sainte de la religion musulmane. Des diplomates de la région, cités par des médias spécialisés, estiment que le pacte vise avant tout à contenir l’influence iranienne dans le Golfe, plus de quarante ans après la révolution islamique de 1979 qui avait scellé la rupture entre Téhéran et Ryad. Aucun calendrier de mise en œuvre concrète, ni détail sur les obligations militaires précises de chaque État signataire, n’a été communiqué à ce stade par les trois gouvernements.

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